Apprendre à faire confiance : la sous-location

Mon appart est petit mais je l’aime quand même. Ma cuisine est vieillotte, ma chaudière goutte, le cadre de mon lit grince (et je n’ai toujours pas trouvé le boulon responsable) et c’est au moment de s’en séparer qu’un élan de possessivité surgit. Bourré de souvenirs agréables et d’engueulades mémorables, il a été le berceau de projets qui m’amènent aujourd’hui ici. Clairement, je ne veux pas le perdre ! Une seule solution : la sous-location.

Sous-louer un logement auquel on tient et qu’on a investi d’une douce énergie positive c’est un peu comme laisser son mioche à une baby-sitteuse inconnue pour la première fois (ndlr : je n’ai pas d’enfant). On recherche la perle rare pour veiller sur son poupon mais pour avoir fait le jeu de la recherche d’appart, on sait que l’hypocrisie est de mise : je ne fume pas, je ne sors pas, je ne bois pas, je vis seul, je n’ai pas d’amis, je ne respire pas, je ne mange pas, bref, je ne vis pas.

J’ai découvert que cette activité était totalement chronophage et relativement ennuyante, raisons pour lesquelles j’ai voulu me décider rapidement et organiser des visites en un temps record. Merci l’auberge de la solidarité !

  • Alors il y a celle qui me demande clairement si les voisins sont du genre pointilleux sur le niveau sonore… donc tu veux faire la bringue tous les soirs dans un mini studio et te faire remarquer par tout le voisinage pour que je sois trucidée dans la courette à mon retour ?
  • Il y a celle qui me fixe en disant « oui oui » à toutes les informations que je précise sur les frais à prévoir, l’engagement sur une longue période, la discrétion recherchée sans donner l’impression de saisir ce que je lui raconte…
  • Il y a celle qui ouvre tous les placards de la cuisine (acceptable) puis se dirige vers mon tiroir à sous-vêtement (moins acceptable) pour finalement commenter tous les livres de ma bibliothèque (totalement pénible)…
  • Il a celle qui cherche un appart pour « un ami »…
  • Il y a celle qui a sous-loué son appartement à son frère qui est en pleine rupture et qui cherche un autre logement mais comme elle n’aime pas son appartement elle recherche un autre logement le temps que son frère trouve autre chose pour qu’elle puisse le sous louer à une autre personne et éventuellement trouver autre chose elle-même… grosso modo.
  • Il y a celui, hyper nerveux, un peu trop parfumé, qui n’a pas vraiment de projets à Paris mais qui s’engage à trouver quelqu’un d’autre si jamais il part plus tôt que prévu… et dont l’odeur reste même après son départ…
  • Et puis, il y a celle, calme et souriante, flexible et polie, « normale » dirons-nous, qui réussit à m’inspirer confiance même si sa situation professionnelle n’est pas totalement claire à moyen-terme…

Vient la question suivante : comment accepter de prêter quand on est de nature possessive… ? Comment se fier à son instinct, à sa fameuse « première impression » et laisser son joujou à la plus parfaite inconnue ? L’enfant qui sommeille en moi hurle au caprice, mais au moins, maintenant, je peux poursuivre ma FIV

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2 thoughts on “Apprendre à faire confiance : la sous-location

  1. je suis fan des gens qui fixent quand tu parles, genre ils s abreuvent des tes paroles comme si tu leur contais un truc extraordinaire… je regrette d ailleurs de ne pas en croiser plus souvent, je suis une telle source d inspiration de la connerie, j aimerais avoir des disciples 😀

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  2. Pingback: Il était une fois… la logistique du départ – partie 2 | Gisèle en Longyi

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