Birmanniversaire

fr birUn mois vient de passer. Mon premier mois de grossesse personnelle. Ma FIV a finalement pris, ma grosse valise bleue est vide, quelques éléments de décorations habillent mes murs beiges tâchés par endroit, mon sommeil est relativement calme, mon appétit revient sagement, les symptômes des premiers jours s’estompent. J’ajoute petit à petit des brindilles à mon nid pour le rendre plus douillet.

Beaucoup de questionnement ont nourri ce premier mois, surtout autour du « fantasme » de l’expatriation. Que cherche-t-on à fuir ? Que cherche-t-on à trouver ? Où se situe le libre choix personnel dans une décision qui implique pourtant d’autres personnes finalement ? Est-ce un acte purement et simplement égoïste ou une recherche d’attention? Est-ce une forme d’altruisme ou juste un petit détour sur un parcours professionnel ?

Fuir une routine, relever un nouveau défi, se confronter à soi-même, s’ouvrir au monde, donner du sens à son existence, vivre une expérience unique… autant de justifications belles sur le papier, quasiment romantiques, mais pourtant loin du « dark side of expatriation».

Pour le moment je vois dans l’expatriation le renoncement, le « stand-by », l’absence. Je renonce à ma routine parisienne, je renonce à mon confort, je renonce aux trottoirs et aux chaussettes, je renonce à mes habitudes, j’attends pour avancer personnellement, j’attends pour pouvoir reprendre mon train-train, j’attends pour acheter le livre d’Amanda Palmer, je suis absente pour les anniversaires de mes proches, je suis absente pour les événements annuels, je suis absente des bars et des terrasses du 11ème.

Cependant, l’expatriation c’est aussi l’accueil. Accueil des birmans souriants et attentionnés, accueil d’une nouvelle culture où le respect est fondamental, accueil de problématiques professionnelles… C’est l’accueil de rencontres réussies. Au bout d’un mois je pourrais raconter des dizaines de petits évènements touchants et bourrés de générosité.

J’ai quitté mes réflexes de tri sélectif pour ceux liés aux coupures de courant. Ce qui me donne parfois un peu l’impression d’être en temps de guerre : ma lampe torche est à côté de mon lit, dès que le courant revient je recharge ordi, téléphone, iPad et remplis les 2 réservoirs d’eau.

Finalement quel est le signe d’une adaptation réussie ? Est-ce celui de confondre son clavier azerty (personnel) comme son clavier qwerty (professionnel) ? Est-ce celui de sortir systématiquement avec un parapluie même avec un magnifique soleil ?

La réponse dans un mois.

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3 thoughts on “Birmanniversaire

  1. bonjour

    vos parents nous ont donné l’adresse de votre blog que nous lisons avec beaucoup de plaisir et d’interet Félicitations pour le fond et la forme

    Colette et Claude Michel

    Envoyé de mon iPad

    >

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    • J’ai immédiatement pensé à Rimbaud en lisant cette superbe analyse de l’éloignement et de la déstabilisation qu’apporte ton aventure. Aventure en effet de quitter la routine parisienne pour ” les Maelströms épais” de la moiteur birmane, aventure de quitter les tartes Tatin du dimanche pour les curry de legumes et les legumes extraordinaires des marchés de Yangoon, aventure de quitter les amis de toujours pour trouver d’autres personnes, parlant une autre langue, d’une autre religion, en longyi ou en jeans.
      Pourtant tu ne dis pas, comme le jeune poète: “Je regrette l’Europe aux anciens parapets”. Tu t’immerges dans ta mission, tu t’impliques dans l’aide qu’apporte MDM aux damnés de la terre.
      Tout cela est admirable!

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