A Bago, en moto…

photoAprès n’avoir respiré que l’air de Rangoun pendant 1 mois, l’envie d’arpenter de nouvelles contrées est apparue subitement. Seul hic, ici, se déplacer représente un véritable défi logistique compte tenu des distances, surtout lorsque l’on prétend vouloir planifier une excursion d’une seule journée. Merci Lonely Planet : le choix se porte donc sur Bago… En train!
Pas d’horaire connu à l’avance, c’est donc en milieu de matinée que nous nous pointons à la gare centrale. Prochain train 11h00. 1000 kyats pour l’aller en “upper class”. Durée estimée 2h00.

On nous avait parlé de l’effet galop du train. Le tactactac des roues sur les voies, les sursauts des wagons, une sensation de Calamity Jane en pleine fuite sur son cheval lourdement ferrés..! Raté pour la nonchalance de Lady Godiva. En décor, de la verdure, quelques maisons sur pilotis, des pagodes à l’horizon…IMG_5663
1h45 plus tard nous arrivons dans cette petite bourgade rurale sous un sacré cagnard…qui possède bien un air de far ouest !

A peine arrivée bien entendu nous nous faisons arrêter par des guides qui nous proposent de nous trimballer partout mais notre priorité est de manger… 2 messieurs suggèrent de nous emmener gratuitement dans un resto pour nous laisser réfléchir. Okay.
Un plat de fried noodles (nous n’avions pas trop envie des testicules de boucs) et quelques négociations amicales plus tard, nous voilà sur notre nouvelle monture de la journée. Je portais bien un casque… Qui ne m’aurait protégé de rien bien entendu…

IMG_5713Notre guide était d’une générosité assez exceptionnelle, à s’intéresser à nous, à notre travail (d’ailleurs il trouvait ça amusant que nous travaillions dans des ONG), à nous demander notre âge (d’ailleurs il trouvait ça marrant que nous ayons 27 et 31 ans), à nous demander si nous étions sœur (il trouvait ça drôle que nous ne soyons pas sœurs)  puis à nous demander si nous étions mariés… Ma camarade de route s’est vu rire au nez d’une façon presque enfantine quand elle a répondu que non, elle n’avait pas de mari à 31 ans… Il avait pour sa part 23 ans et nous expliquait que n’étant pas un bon parti, il ne pourra sans doute pas trouver d’épouse…

Mon « chauffeur » prenait plaisir à chanter pendant les trajets ou à nous remettre les chaussures dans le « bon sens » après nos visites de pagodes. Lorsque nous visitions les bouddhas debout, nos guides nous ont ramassé des fleurs parfumées pour nous les mettre ensuite dans nos cheveux… Le tout en rigolant tous les 4.
Je pense qu’au-delà des bouddhas assis, debout, couchés, illuminés ou songeurs, et des pagodes, l’un des moments les plus authentique et touchant a été la visite d’un atelier de fabrication de « stogie » ou « cheerot », cigarettes artisanales roulés dans des feuilles d’un arbre du coin apparemment… Il n’y avait que des femmes, jeunes filles, gamines, toutes souriantes de voir 2 blondes débarquer dans leur journée. L’une d’elle m’a fait asseoir à côté d’elle et a commencé à me parler en birman… IMG_5699Avec un débit aussi soutenu que le rythme de “roulage” de ces cigarettes XXL..! Je quitte cette pièce pour une autre où la moyenne d’âge semblait avoir chutée. Et là, l’une d’elle me demande mon prénom en birman. Très fière de comprendre et de répondre, j’échange quelques mots avec les filles. Mon accent birman est visiblement plus drôle que l’intégrale des Monthy Python.
La journée continue sur des visites, la poussière s’accumulant sur notre peau.

Au final nous aurons vu:

– la pagode Shwemawdaw (sensee etre plus haute que notre Shwedagon à Rangoun)

– le monastère du serpent, un religieux reincarné en python birman…

– le sanctuaire Hintha Gon avec en prime une cérémonie de Nats… des transexuels divinisés et leur orchestre traditionnel

– La pagode des statues (4 bouddhas debout) et le Naung Daw Gyi Mya Tha Lyaung (bouddha couché sur 76 mètres)

– Le bouddha Shwethalyaung , un autre bouddha couché (55 mètre cette fois, petit joueur)

– La pagode Mahazedi dont le sommet est accessible… pour les hommes.

Départ de Bago avec le dernier train de la journée à 18h45, cette fois dans la “regular class”, une jeune fille nous faisait la conversation en anglais. A 3 nous composions une partition à 6 mains pour chasser les bébêtes qui venaient se poser sur nos cheveux ou nos épaules… Un trajet cette fois dans un décor totalement obscur. Seule la luminosité du train éclairait les gares désertes pendant notre périple. La mélodie du métal raisonnait dans tout le wagon. Le ciel était assez remarquable, une petite étoile filante au passage. Que demander de plus pour clôturer cette journée?
Arrivée à la guest avant 21h30, un bon décrassage plus tard, je me couche avec l’impression d’avoir vécu une journée en dehors du temps, loin de toutes attentes, loin de ce que je connaissais jusqu’à présent. Mais l’aventure ne s’arrête pas si vite car je pars le lendemain pour le Kachin.

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5 thoughts on “A Bago, en moto…

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