Myanmariage

Avant de partir, je n’aurais jamais imaginé me retrouver invitée à un mariage Birman. Et me voilà un mois et demi après mon arrivée assise au sein d’une salle de réception d’un monastère bouddhiste.

8h35 : Avec quelques collègues, nous nous retrouvons au bureau pour partir ensemble. Mon « chef » m’a regardé 2 fois avant de me reconnaitre. Eh oui, sans lunettes et maquillée, j’ai troqué mes pseudos pyjamas pour une robe longue et voluptueuse, mes birkenstocks pour des talons.

Nous sommes attendus pour 9h00 et nous partons du bureau vers 9h10. C’est ça la ponctualité birmane. Oublions le quart d’heure de politesse, ici le retard est visiblement l’ordre naturel des choses.

DSC05801Une vingtaine de minutes plus tard, me voilà entourée d’une centaine de convives, tous plus apprêtés les uns que les autres. Pour nous accueillir, on nous offre un stylo (j’aurais préféré des draguées au chocolat). Les birmanes ont revêtu leur plus beaux longyis, leur coiffure sont élaborées et décorées d’orchidées. Moi et mes deux tresses sur la tête je me sens vraiment comme une étrangère. Ratée pour la classe naturellement parisienne, ici il faut miser sur du chatoyant, du froufrou et des faux cils !

A notre table, une casserole de riz entourée de plusieurs assiettes miniatures de légumes et de viandes n’attendent que la fin de la cérémonie pour être englouties. Niveau déco… Céline aurait été affolée. Je ne sais même pas par quel bout commencer… Les tables, oublions. Les fleurs… des dizaines de bouquets de roses jaunes et petites fleurs non identifiées parsemaient la salle, nos chaises étaient affublées d’une taie jaune à froufrou surmontée gros nœud. Sur l’estrade il y avait écrit en Birman le nom des mariés dans une police rose fuchsia ainsi que leur diplôme universitaire. Autrement dit, si je me marie ici je vais avoir « DU de sexologie » au-dessus de la tête…

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9h45, la salle compte maintenant environ deux cents invités. Une équipe de photographes/cameraman suivie par une autre équipe d’éclairagistes déambulent entre les tables pour capturer chaque personne. Très cocasse de voir les birmans totalement figés lorsque la camera s’approchent d’eux. L’attente se fait avec des chansons d’amours classiques remixées à la sauce Birmane (autrement dit, ils rechantent par-dessus les paroles anglaises en birman)DSC05816

 

10h00, un présentateur (apparemment ZE présentateur) arrive pour animer la cérémonie. Dans une tenue traditionnelle et rose et brillante, il nous livre un discours, m’a-t-on dit, très pompeux (j’ai compris un mot ! « thanila » signifiant « lundi »). Puis un peu plus tard viennent nos mariés, suivis de leurs parents. Notre Win Thida était toute droite sortie d’un conte, des postiches de cheveux pour gonfler un chignon paré de dorures, une robe dorée scintillante de mille feux. Il est fréquent de ne pas reconnaitre la mariée tellement celle-ci peut être fardée. Heureusement que le mauvais gout ne fait pas partie des défauts de notre représentante MDM. Ils s’assoient sur l’estrade, l’équipe vidéo/photo nous cachent littéralement la vue à tous. Un premier couple vient remettre un collier de jasmin à chaque marié, un second couple apporte les alliances. Pas de discours (enfin si notre présentateur continuait son monologue) pas de baisers, des sourires gênés. Une photo de famille et les mariés redescendent saluer chaque table qui a déjà commencé à manger. Notre riz avait un goût particulier, du riz au beurre et au miel… Car c’est ça les mariages ici, en plus des petits nœuds et des petits cœurs, du rose omniprésent dans les tenues (ou dans les cheveux), il y a dans toute la pièce un parfum sucré. Constatation confirmée quand une horde de serveurs vient nous apporter une coupe de glace.

 

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L’amour a donc un goût de bonbon baroque à Yangon.DSC05828

10h45 : on plie bagage, la cérémonie est finie, on rentre au bureau. Une petit photo (floue…) avec les mariés au passage, la mère de la mariée s’est mise à me parler en Birman comme si elle me connaissait en me tenant la main… l’émotion sans doute, je n’ai rien compris cette fois.DSC05829

Le mariage est tout autant une réelle étape dans la vie, ici, un rite de passage, mais sans chaises musicales, sans quiz aux mariés, sans litres d’alcool et kilos de petits fours, sans danse, sans ambiance, sans Barry White.

 

Moralité, si un jour je me marie (…hum…), je préférerais Las Vegas que Yangon.

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8 thoughts on “Myanmariage

  1. Merci pour lettres qui sont toujours aussi intéressantes et bien écrites Continuer

    Colette et Claude Michel Envoyé de mon iPad

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    Like

  2. Pingback: Myanmariage #2 | Gisèle en Longyi

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