Après l’effort…l’effort encore.

C’est en racontant mon épopée chez le coiffeur à ma mère que celle-ci m’a demandé d’en faire un article pour ce blog. C’est sûr, dit comme ça, on ne voit pas vraiment quel est l’intérêt de mettre a l’écrit un événement aussi insignificatif qu’un shampoing.

Sauf que voilà, ici, les salons de beauté fleurissent à chaque coin de rue, à côté de nos fameux « tailors », ces petits artisans qui vont probablement disparaitre d’ici quelques années au profit de grandes chaines asiatiques ou occidentales de salons de coiffure. Lieux de vie ouverts très tôt le matin et très tard le soir, rien qu’en passant devant, on s’immerge déjà dans le quotidien des Birmans. Aller chez le coiffeur ou chez le tailleur nous en apprend plus sur la vie typique et sincère de Rangoun.

Mais reprenons l’histoire depuis le début.

Un samedi, après une semaine de dur labeur, je décide d’aller me faire masser dans un spa plutôt haut de gamme pour la région. Je penche pour un « thaï herbal ball massage ». Ambiance feutrée, effluve d’eucalyptus, table chauffante, tout est propice pour se détendre et lâcher prise le temps du soin. Sauf que les massages thaï… thaï-aie-aie. Si l’on ajoute le fait que je suis littéralement une boule de nerf et plutôt chatouilleuse, le soin devient une véritable épreuve physique. Heureusement que les fameuses herbal ball étaient là pour adoucir ce moment.

Alors ok, sur le coup, c’est vraiment costaud pour mon corps un peu frêle mais après, on ressent véritablement un mieux-être. Cette expérience semblait m’avoir suffit. J’ai poussée la porte, j’ai eu ma séance et je ne pense pas retenter l’aventure aussi rapidement.

Un dimanche suivant le-dit samedi, après une journée de paresse au bord d’une piscine d’un hôtel de Yangon (oui je ne me suis rien refusée ce weekend la), ma camarade de détente propose qu’on aille se faire shampouiner. Parfait pour clôturer notre journée.

Nous allons donc chez un coiffeur tout à côté de son domicile. Elle a l’habitude d’y aller, je lui fais donc confiance. Vous me voyez venir n’est-ce pas ? Quelques baragouinages plus tard, me voilà donc allongée sur le dos sur un brancard, la tête au dessus d’une espèce d’auge. Ma shampouineuse me place un bavoir inversée en plastique sous ma chevelure pour récupérer l’eau et entame la cérémonie par un mélange de gestes kabbalistiques entre mon visage et mon crane, de points de pression et de gratouillis chelou sur cheveux secs. Elle asperge mes cheveux d’eau, premier shampoing et rebelote, une espèce de massage bizarre et symétrique. Bon soit. Rinçage. Après shampoing. Et là, un nouveau chapitre débute. Il y a l’avant et l’après shampoing dans une vie. Elle ôte ce bavoir inversé et, alors que je suis toujours allongée sur le dos, commence à me masser… le dos. Plus concrètement, elle passe ses mains savonneuses par le col de mon tee shirt, sous mon soutien gorge, et avec une force insoupçonnée vue son petit gabarit, me masse le dos… me pétrie le dos, depuis mes hanches jusqu’aux épaules. 1er passage, surprenant, 2eme passage, suffisant, 3eme passage : ok, j’explose de rire. Elle se penche alors au dessus de mon visage pour s’assurer que tout va bien, impossible de me calmer. Je me tors un peu dans tous les sens des que je devine ses mains s’approchant de mon dos. Encore quelques gestes cérémoniaux, elle me masse, me comprime les épaules et le cou. Elle en a fini pour cette région. OUF.

Mais la voila qui s’attaque a mon bras gauche… il y aura donc le bras droit. Idem, pression, triturage, tirage de doigts… moins désagréable mais tout aussi curieux.

Elle rince enfin mes cheveux. Mazel tov ! Une petite serviette bien nouée sur la tête, elle se met à cote de moi et me fait signe de me retourner.

Non. Encore ? Vraiment ?

Je me retourne. Elle monte alors sur un escabeau… oui elles sont petites les birmanes. Et là, j’aurais pu croire qu’elle était debout sur moi tellement je sentais bien son poids sur mon dos. Peut être a-t-elle confondu mes muscles avec des escalopes de poulet et voulais en faire des crêpes…

Et voilà, telle une fleur, elle m’invite à passer au brushing. Et rigole en voyant les marques rouges du brancard sur mon visage… haha…

La seconde partie est bien plus légère, je reçois un brushing a 4 mains tout en regardant, moi et 8 autres paires de yeux « myanmar’s next talent » ou 4 adolescentes et une gamine font une chorégraphie sans sens de la synchronisation sous l’acclamation d’un public moyennement endiablé.

Dans le miroir j’aperçois 3 jeunes filles dévorant de la pastèque sur un fauteuil en vinyle blanc. Une fois le brushing fini, je ressemble à une star américaine des années 50.

Un trajet en taxi plus tard, fenêtres baissées, je ressemble juste à une Gisèle sans Longyi.

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5 thoughts on “Après l’effort…l’effort encore.

  1. hahaha FABULEUX!!!
    pour avoir eu un jour un massage un peu ” virile ” fait par une femme qui ne payait pas de mine, j imagine bien la sensation…il n empeche que juste pour avoir un brushing annee 50 moi aussi, j en regretterai presque mes cheveux…mais peut etre qu ils shampouinent aussi les cranes, du coup…ca m interesse double 😀

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