j’ai deux amours…

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Je suis la première à te défendre à l’autre bout du monde lorsqu’on t’affuble de mille et un clichés. À 8800 kilomètres de toi, lorsque j’entends les reproches qu’on t’adresse, j’essaie de sauver ton honneur et de véhiculer la plus belle image de notre couple. Je me voyais déjà mettre mes petites robes d’hiver et mes bottines à talons pour attirer ton attention lors de mon séjour. Mais, après 2 semaines à tes côtés, je ravale ma salive. On peut le dire, tu m’as un peu blessée alors que j’étais débordante d’optimisme, tu m’as emprisonnée sous ta coupole de verre, au froid dans ton manteau de pluie.

Paris, tu m’as déçue.

Ta mine grise a pesé sur mon séjour, ton regard malveillant m’a offensée. Tu as tout d’une grande, tu as l’Aura d’une muse mais tu restes une adolescente revêche et insouciante qui pense que tout t’est dû. Tu joues de tes formes haussmanniennes et tes silhouettes dorées pour capter et diriger notre attention vers le ciel en nous masquant l’horizon, cet horizon fait d’une marée noire et homogène sans étincelle ni malice, pas même en plein moment des fêtes de fin d’années.

Pas de sourire sur tes habitants, pas de politesse, quelques insultes entre inconnus : que s’est-il passé en trois mois de temps ?

Avais-je moi-même le nez en l’air sans remarquer le malaise ambiant ? Peut-être faisais-je partie intégrante de cette masse uniforme ? La routine métro/boulot/apéro m’avait-elle aveuglée ?

Toujours est-il qu’en revenant de si loin, on ne peut que constater que ces clichés sont malheureusement plutôt proches de la réalité.586

Pourquoi tant d’arrogance ? Qui essaies-tu de duper ? Qu’est-ce qu’il y a d’épanouissant et de profitable à se noyer dans une violence sans passage a l’acte ? Tu es la ville des faux-semblants, on se part d’artifices pour « jouer à » mais si l’on gratte un peu, que reste-t-il ? Derrière une Bentley ou un Boy qui y’a-t-il ? Et pourtant, tu offres tout, tu nourris toutes les envies, ta générosité est accessible à chaque coin de rue. Cette bonté est-elle sincère ou cherches-tu juste la reconnaissance et l’appréciation de tous ?

Peut être est-ce la rudesse de l’hiver qui te rend aigrie… le manque de soleil déprime ton architecture, tes pierres ne dégagent plus la chaleur des journées agitées qui passent et de ton histoire.

Malgré tout, je t’ai trouve distinguée lorsque je suis passée sur le Pont de l’Archevêché ou sous les Arcades du Louvre. Je t’ai trouve belle lorsqu’un soir à Minuit, remontant place de la Nation j’ai aperçu la tour Eiffel scintiller. Et comme j’ai un penchant certain pour les amours malheureux et torturés, je tiens à toi quand même et j’ai (un peu) hâte de te retrouver.

 

Paris, tu paries, Paris, que je te quitte… ?

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6 thoughts on “j’ai deux amours…

  1. Bien vu,bien écrit Que dire de plus Meilleurs vœux pour votre prochaine carrière d’ écrivaine

    C Michel

    Envoyé de mon iPad

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  2. Très bien écrit et surtout assez criant de vérité…Mais comme tu le dis, un peu maso que nous sommes, nous l’aimons bien tout de même cette ville lumières 🙂

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  3. paris ville lumiere…normal il y fait si sombre dehors, que la lumiere dissimule le morne decor grisatre et nauseabond.. comme dit le proverbe: paris sera toujours paris!

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  4. Pingback: Birmaniversaire #4 | Gisèle en Longyi

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