Ngwe Saung Versus Deauville

Le Myanmar aussi a son Deauville (entendre par là, la ville en bord de mer où tous les habitants de la capitale, ou ex-capitale dans notre cas, filent le weekend).

Un mardi, Karen et moi décidons de profiter d’un week-end pour déconnecter de Yangon. Le hasard était de notre côté pour ce plan de dernière minute car, alors que tous les hôtels étaient complets (saison haute oblige) un ami propose de me léguer sa réservation car il a finalement d’autres plans de prévu (parcourir l’état Chin en moto… je préfère la plage…). Rapidement je réussis à nous dégoter un chauffeur pour nous y conduire.

Vendredi, 17h00, en route pour 6 heures de trajet vers la baie du Bengale !

Le chemin est relativement agréable, modérément agité, palmiers, cocotiers, bananiers, Irrawaddy, puis la nuit plonge notre trajet dans le noir. Nous arrivons telles 2 cendrillons dans l’obscurité la plus totale et élisons notre domicile dans une petite cabane en bambou avant de nous endormir bercées par les vagues, à l’ abri dans notre moustiquaire.

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Au réveil, je découvre la plage à quelques mètres de notre porte, et la mer quelques pas plus loin. Un petit bout de paradis. Cette vision suffit à faire oublier n’importe quel tracas. Au calme dévorant des pancakes à la banane, je me détends un peu plus à chaque seconde. On se regarde avec Karen, un sourire bête se lit sur nos visage, nous sommes biens. Alors comme de vraies Birmanes, nous nous mettons à chanter avant d’aller poursuivre nos vocalises les pieds dans une eau à 30 degrés, pendant qu’un birman grimpe à main nue un cocotier, longyi retroussé en mini-short, pour « cueillir » les fruits à coup de machette…

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Ngwe Saung est calme. On pourrait se croire sur une plage exotique d’une île tropicale. Mais je suis bien en Birmanie entre les crachats de bétel et le simple fait absurde de regarder à droite et à gauche avant de traverser le banc de sable pour éviter un scooter. Ici, vélos, chevaux et mobylettes circulent au bord de l’eau. Heureusement il n’y en a pas tant que ça. La Birmanie se confirme dans le paysage lorsque j’aperçois au loin ce qui a tout l’air d’une plateforme pétrolière. Vacances sponsorisée par Total ?

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Fruits exotiques, fruits de mer et poissons grillés dans nos assiettes, sable dans les orteils, cheveux roses rongés par le sel, ces instants ne peuvent être plus parfaits. Anouck Aimée et Jean-Louis Trintignant auraient sans doute rêvé de pouvoir s’embrasser sur ces planches… en bambou.

Ce week-end aurait pu être parfait si nous n’avions pas croisé un accident de scooter en rentrant du village un soir. Jeune homme, allongé à terre, entouré d’une petite foule, un homme garde sa main sur sa joue, conducteur sans casque évidement, et avec une partie de la boite crânienne en moins aussi. Je détourne la tête pour ne rien voir, mon chauffeur de scooter ne s’arrête pas. Je lui demande « Pye Pye Twa ba » : va doucement. Nous redescendons brutalement de notre nuage. La vie se rappelle à nous. La prudence nous permettra de continuer de profiter de ce que l’avenir nous réserve. Clairement ce gamin n’a pas vu le jour se lever le lendemain.

photo 5

 

Le chemin du retour se fait de jour, la chaleur des terres s’intensifie au fur et à mesure de notre trajet. Nous découvrons une partie du paysage que nous n’avions pu voir à l’aller. Plantations de caoutchoucs, forêts de bambous, dédales entre les collines… quelque chose me dit que je reverrai au moins une fois ce décor avant de quitter définitivement le pays…

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