Un jour j’irai à Bangkok avec toi

Dans la série régression adolescentrique et mouvements “têtus et impulsifs” me voilà à acheter un billet d’avion pour Bangkok un mercredi pour un départ le vendredi… On m’a dit de solder mes congés payés alors je m’exécute (pour une fois que le siège va dans mon sens…). Après tout je n’avais pas encore pris le temps d’y aller alors que tout le monde me parle de cette ville aux antipodes de Yangon… Une heure d’avion… L’affaire est dans le sac, enfin presque :
-Première réflexion : ma valise. Mes vêtements puritains birmans ne collent pas tout à fait avec Bangkok…
-Deuxième réflexion : “eh mais je suis sûre que je peux trouver un bar à cocktail!”
-Troisième réflexion : me faire une playlist spéciale Bangkok entre BO de only god forgives et joy division (parce que c’est classe de porter des Ray ban et d’écouter joy division)

rue

Vendredi matin la tête dans les vap’ en direction de BKK. Nous arrivons à l’heure du déjeuner : aperol et lasagne. Ce weekend ne s’annonce clairement pas du tout touristique mais plutôt va répondre à tous ces petits plaisirs futiles dont Yangon nous prive.
Séance shopping : Maje? Sandro? Marks & Spencer? La Senza? Sérieux…?! Le tout avec mon café latté glacé (grande) starbucks… Je vais même jusqu’à filer dans un magasin de musique pour jouer du Debussy sur leur piano Kawai. Les manques se révèlent à chaque détour.

La chaleur de la ville est plus agréable qu’à Yangon et je me crois presqu’à Toronto.

chanel

Bangkok me rappelle l’existence des autoroutes, des passages piétons, des petits bars à cocktail ô combien parisiens, des roof top bars, des steaks, des bonnes tables, de l’indifférence des passants face à la petite demoiselle que je suis, du goût du champagne, des femmes élégantes, de la mode en général, du métro… Comble du hasard, c’était la fashion week, un air de Paris flottait presque.
Je teste donc mon vertige et reprends mon eye-liner, retrouvant ma démarche citadine sur des trottoirs “normaux” (autrement dit sans risque de se ramasser honteusement).
Je n’ai donc pas eu cette vision d’une ville dépravée. Je n’étais pas intéressée par l’idée de regarder dans cette direction mais sans aucune idée préconçue, j’ai pu découvrir sur 3 jours une ville aux milles possibilités avec l’envie qu’elle se confie un peu plus à moi.

Gisele1
Pour la première fois je porte un regard beaucoup plus critique sur Yangon. À croire que ma relation avec la ville n’est plus au stade de la lune de miel et de l’idéalisation. Je vois certains défauts, certains “c’est sympa mais…”. Une relation qui prend de la maturité. Je ne veux plus faire ce plaidoyer de notre histoire mais laisse Yangon se défendre elle même.
Cela me rappelle ces moments lorsqu’en weekend à la campagne on se dit “je plaque tout et ouvre une maison d’hôte” puis une fois rentrée chez soi “en fait je suis bien dans l’agitation de ma ville”. Yangon possède ce côté rural pour lequel on pourrait vouloir tout plaquer mais après un passage à Bangkok je me rends compte que je m’épanouie à plus long terme dans le confort bruyant de l’anonymat citadin.

Alors, dans le vol du retour, on se regarde “tu fais quoi le weekend prochain?”

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One thought on “Un jour j’irai à Bangkok avec toi

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