Birmaniversaire #7

Après le Birmaniversaire #6 en direct de Bangkok, c’est au Japon que je célèbre mon birmaniversaire #7… avec ma mère et ses amis tokyoïtes !

7ème mois… où en suis-je ? Le bébé a dorénavant les yeux ouverts, son système digestif est opérationnel et il peut aussi avoir des cheveux très fins sur la tête… et est très réceptif à son environnement extérieur !

elephant

En parlant de cheveux je réfléchis déjà dans ma prochaine couleur… roux ou blond on verra ça à Paris (pour le moment j’opte pour le blond). Je suis toujours autant réceptive à mon environnement et commence aussi à me projeter doucement dans les rues de Paris, non sans appréhension. La réflexion post-Myanmar s’est entamée en échangeant avec le siège au sujet de mon retour. Et c’est angoissant. Ici je me sens finalement loin de tout, protégée, dans le cocoon que j’ai crée de mes propres mains.

Ici je suis moi, je suis dans l’ici et maintenant, je suis ce que je veux être; à Paris, je suis mon histoire, je suis l’accumulation de mon vécu, la somme de mes erreurs…

Et pourtant, un camarade de sorties nocturnes m’avait proposé un poste en RH ici, mon « chef » avait évoqué aussi l’idée que ce serait peut être judicieux que je prolonge un peu car toute l’équipe sera nouvelle à mon départ et qu’il pourrait être pertinent d’avoir au moins une personne avec un peu plus d’historique de la mission que les autres. Mais malgré ça, je me suis vraiment projetée sur 9 mois et rentrer à Paris signifierait que j’ai pu mener ma mission à bien, avec ses joies et ses peines, que je serais arrivée au bout, que j’aurais mené à terme cette « grossesse » synonyme de renaissance.

La présence de Céline m’a aussi forcée à penser Paris, parler Paris, revivre Paris. Un peu déstabilisant au début et puis exercice finalement je pense salvateur. Son idée de retourner dans le bar où avait eu lieu ma fête de départ pour clôturer ce cycle a tout à fait résonner en moi (en espérant que je ne finisse pas dans le même état que la première fois…). Et pour rajouter une couche « parisienne », deux collègues du siège étaient aussi de passage !

Ma stratégie de coping pour affronter ce retour est la même qu’à mon départ, c’est-à-dire matérialiste. Plus spécifiquement c’est dans le catalogue Ikea que je trouve un certain réconfort. Une nouvelle étagère pour ma cuisine, de nouveaux rangements pour mon linge de maison… un support pour Gaston, le fameux éléphant en papier mâché que j’ai ramené à Noel… Mon studio va ressembler à la section « Asie du Sud-est » du quai Branly mais ce n’est pas grave ! J’ai prévu de repeindre ma cuisine (enfin !) de reprendre les recherches d’éditeurs pour mon livre sur les ruptures sentimentales et pourquoi pas de me lancer dans un premier roman, l’histoire est toute trouvée mais c’est un secret (et non Gisèle n’en sera pas l’héroïne en longyi).

En attendant, la vie ici s’accélère. Céline a passé 10 jours et a pu expérimenter ET le French Love Friday (soirée en plein air de l’institut Français) ET une soirée au Mojo ET (surtout) le shampoing d’une heure et demi chez le coiffeur. C’est la course au bureau et chacun fait pansement pour la situation dans le Kachin comme il peut. Je ne sais pas si c’est lié au fait que la fin de nos contrats approchent en même temps pour 3 de nous à Yangon (sur 4…) mais je sens une nouvelle forme de cohésion entre nous. La fin d’un cycle laisse-t-elle affleurer une nouvelle sensibilité ? Est-ce déjà l’expression du respect et de la reconnaissance d’un travail accompli qui émerge ?

Le pont aérien sensé réduire le trafic sur l’un des axes principaux à côté de la maison est ouvert à la circulation (chantier débuté à mon arrivée sensé duré 1 an et finalement fini en 6 mois…)… Enfin ils sont toujours en train de travailler dessus et dessous…tellement rassurant ! Claire continue de faire les yeux doux à son collegue. Melanie est revenu sans son mari finalement. Deux nouveaux longyis occupent ma penderie, il fait vraiment chaud mais les Birmans restent toujours aussi souriants !

 

Signe d’intégration : oublier son code pin de carte bleue car je ne l’utilise pas ici…mais genre vraiment oublier… genre « allo maman petit soucis ! »…

Signe d’anticipation du retour : rechercher l’information sur le coût d’un bagage supplémentaire sur Thaï Airways… pour finalement décider de filer une valise au coordinateur général qui ira au siège fin mai…

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2 thoughts on “Birmaniversaire #7

  1. Ton rapport à tes expériences passées et présentes me rappelle cette pensée de Louis Lavelle, philosophe chrétien du siècle passé :” Ce que nous avons été s’impose à ce que nous sommes et nous empêche de devenir ce que nous devrions être.”

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