Post post-Thingyan…

En évoquant les déboires des années précédentes lors de Thingyan, je vous apporte quelques informations sur l’édition 2015 enfin de l’année 2558 pour le calendrier bouddhiste theravada.

Free Funeral Service Society rapport 49 décès à Yangon “yesterday evening” mais l’article n’étant pas daté, nous ne saurons pas si c’était a la fin des festivités ou non… (article ici) Aussi je me demande quel est le chiffre à l’échelle nationale…

L’hôpital de Yangon (publique et de taille conséquente) a vu défiler 730 urgences en 4 jours : « Last year saw 690 patients treated at YGH with 518 in 2013 » (article ici).

Notons qu’il y a de très nombreux hôpitaux publics et privés et de petites cliniques à Yangon, autant dire que le chiffre de blessés doit être assez hallucinant s’il était possible de regrouper les statistiques.

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Une de mes chères collègues me racontait avoir fait la fête les deux premiers jours. Le premier jour tout allait assez bien, et c’est vrai que de ma propre expérience, l’ambiance était chouette (mais je ne suis pas allée downtown). Le deuxième jour, elle m’expliquait que l’estrade depuis laquelle elle arrosait la foule s’affaissait sous le poids des trop nombreux festivaliers… les troisième et quatrième jours, elle a simplement abandonné vu la foule et l’ambiance moins conviviale…

Ces débordements sont-ils représentatifs d’une société brimée ? Habituée à être courtoise et contrôlée la population ne profite-t-elle pas de ces célébrations pour juste « se défouler », décharger toutes les pulsions maintenues durant le reste de l’année qui bouillonnent en silence dans une marmite pleine d’émotions, façon Freudienne ? Car visiblement une atmosphère chaotique règne en fin de journée… entre les bagarres, les agressions sexuelles, les ambulances bloquées par les fêtards ivres trouvant ça « drôle », les explosions de gaz, les naufrages… Est-ce la un symptôme d’une répression constante ?

Alors on se demande forcement ce qui est fait pour freiner ces situations quasi prévisibles d’une année sur l’autre (surtout lorsque le nombre de blessés augmente…) ? La question restera ouverte.

Thingyan est donc une fête bouddhiste, religion reconnue pour prôner la non-violence. Au quotidien, c’est ce que j’appelle « l’effet bisounours », la douceur, la convivialité, la politesse et le respect des Birmans sont incontestables. Et pourtant, en 4 jours, les petits nuages et les arcs-en-ciel sont masqués par l’alcool et l’agressivité… Le bisounours devient le grand méchant loup qui a en plus chopé la rage…

Mais après avoir cuvé, tout redevient « normal », les estrades disparaissent, les réservoirs d’eau aussi, on retourne au travail, l’air de rien. 4 jours qui finissent refoulés… jusqu’à l’année prochaine…

 

En attendant, bonne année !

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2 thoughts on “Post post-Thingyan…

  1. C’est un peu comme le scénario du film American Nightmare – la société américaine est devenue non-violente, mais une fois par an, pendant 12 heures, tous les actes criminelles sont légalisés.

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