Top 4 de la Mousson en musique!

Lorsqu’il pleut à Paris je ressens un réel élan dépressif avec pour seule envie de me cloitrer en boule sous ma couette. Ici j’ai l’impression de sentir une énergie renouvelée, un élan d’optimisme…

Alors voilà mon top 4 des chansons pour illustrer ce quotidien de grenouille.

 

Parce que ça dure parfois vraiment longtemps…

Parce que les premières pluies rendent joviales (et abaissent la température de 10 degrés)…

Parce que je trouve ça drôle de me glisser sous les parapluies des gens qui attendent pour traverser

Parce que la pluie “It’s just a state of mind”

 

Et pour rester dans un thème musical, une petite citation au passage :

Some people feel the rain, others just get wet.

Bob Marley

En faire tout un plat!

Les week-ends sont dorénavant à l’épreuve des « oh je ferai ca plus tard » qui se sont succédés durant les derniers mois. Un exemple : les cours de cuisine Birmane. Cela fait très longtemps que je voulais les faire mais la paresse de se lever un samedi matin a toujours été plus forte. Mais je n’ai plus le choix, c’est maintenant ou… jamais.

Nous voilà donc un samedi matin à 9h à l’autre bout de la ville pour suivre un cours de cuisine directement dans le restaurant Monsoon.

Nous sommes accueillis avec un jus de citron vert et gingembre (je crois) en attendant que notre atelier soit prêt pour nous, puis, nous grimpons deux étages pour nous retrouver dans une pièce cachée mais possédant d’immenses fenêtres offrant une belle lumière naturelle malgré la pluie qui ne cesse à l’extérieur.

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Tablier et toque sur la tête plus tard, notre chef se présente puis nous explique le deroulement du cours. Nous allons apprendre à cuisiner :

  • Tempura de légumes
  • Soupe de lentilles
  • Curry de poulet
  • Curry de poisson
  • Salade de the vert fermente (la fameuse)
  • Riz a la noix de coco

Vous salivez déjà ?

Le chef nous explique les ingrédients puis la façon de cuisiner avant de nous laisser œuvrer de notre côté, avec un commis de cuisine disponible pour rattraper nos ratés… mais difficile de rater cette cuisine ! Le plus dur sera de trouver les condiments à Paris (et encore…).

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Nous sommes toutes les 3 à rigoler sans interruption et à jouer à « top chef ». Mon commis se marrait lui aussi non stop car visiblement, je fais des petits bruits quand je cuisine. En fait, on m’a déjà fait remarquer que les français ont une façon tout à fait particulière de s’exprimer. A base de « pfff » de « rohhhh » de « brrr » de « humpf ». Au bureau, entres amis, dans la rue, notre vocabulaire inclut une série de vocalisation. Et c’est vrai en fait. Arf.

Toujours est-il que lorsque je plongeais les tempuras dans l’huile c’était « hop », quand je jetais mes détritus c’était « pouf », quand je surveillais la cuisson de mon poulet c’était «huummm »… et quand je goutais mes plats c’était « mmmmm »…

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Je disais donc qu’il s’agit d’une cuisine accessible, simple, avec toujours plus ou moins les mêmes ingrédients principaux et beaucoup d’huile… Cela m’a inspiré des recettes, ou même des méthodes… Bon, je compte toujours sur mon beau-frère pour m’apprendre à couper « comme une pro » les légumes. Et justement lorsque je coupais mon oignon, mes yeux étaient irrités. Mon commis me dit alors qu’en Birmanie, lorsqu’une personne pleure à cause des oignons, cela signifie qu’elle ne s’entend pas avec sa belle-mère. Ce à quoi je lui ai répondu, couteau à la main : « mais j’ai pas d’belle-mère »… ça l’a fait rire. Evidement. On pèle, on coupe, on trempe, on frit, on dore, on pilonne, on assaisonne, on fait revenir et surtout on savoure !

Nous finissons donc nos plats dans la joie et la bonne humeur, la pluie est encore plus rude à l’extérieur.

Il est un peu avant midi, nous redescendons donc dans le restaurant et le fruit de notre travail est notre déjeuner… gargantuesque ! C’était une expérience qui a dépassé mes attentes et qui vaut véritablement chaque Kyats qu’elle coûte !

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Voilà, une fois que ma cuisine à Paris sera repeinte, je pourrai enfiler longyi et tablier et revivre l’expérience des odeurs et des gouts birmans… !

My Taylor is rich !

Parmi les mots clés des moteurs de recherche amenant les visiteurs de passage sur mon blog je retrouve souvent “longyi” “ faire son longyi” “where to buy longyi” etc.

Je vais donc vous livrer quelques secrets sur le comment et le où de la couture à la mode Birmane.

D’abord le tissu !

Ce ne sera pas mission impossible car des magasins de tissus il y en a partout et surtout pour tous les goûts : tissus traditionnels (chaque ethnie possède son motif identitaire), tissus classiques, à pois, à rayure, à froufrou, en dentelle, indonésien (Batik), sobres, chatoyants, épais, fins, en coton, en soie, en synthétique…

Bien souvent, les tissus traditionnels sont déjà coupés pour un format jupe longyi classique. Lorsqu’ils ne sont pas coupé (les autres tissus donc) il faut avoir un peu une idée dans la tête pour pouvoir demander à notre chère vendeuse d’estimer la quantité nécessaire.

Pour faire un set, bien souvent, il va falloir penser au « top » pour s’assortir à la jupe.

Les mesures se font en « yard ». Pour les silhouettes fluettes, 1 yard suffira pour faire un haut. Mais vous aurez toujours une personne dans le magasin avec un petit niveau d’anglais pour vous conseiller selon votre physionomie.

C’est plus sage d’acheter longyi + tissu supplémentaire car les couturières mélangent les tissus pour faire un ensemble coordonnés.

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Vous avez votre tissu, maintenant il vous faut une couturière.

Là encore ce ne sera pas mission impossible car il y en a partout. Le plus délicat, éventuellement, serait de tomber sur des couturières ne parlant pas anglais mais même là il est toujours possible de se faire comprendre. A Yangon, si vous allez au Bogyoke Market vous trouverez pléthores de couturières à l’étage supérieur. Recherchez une qui parle anglais, ça peut aider.

Les prix ?

Je dirais entre 3.000 et 4.000 MMK pour une jupe et autour de 6.000 pour un top. Après vous pouvez rajouter des petites perles et autres bidulos pour décorer votre tenue. Dans ce cas là ça sera peut être un supplément.

Vous pouvez aussi apporter votre modèle et demander une reproduction ou dessiner votre idée…

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En parlant donc de modèles… comment ça se passe ?

C’est plutôt simple car soit internet peut vous aider, vos collègues vous inspirer mais sinon dans nos petits échoppes, elles ont toujours une pile de magasines proposant des centaines de modèles, généralement plutôt traditionnel. Elles prennent toutes les mesures nécessaires et 2 semaines plus tard (ou plus) vous venez repérer votre bien: un essayage, quelques retouches et vous obtenez une tenue sur mesure pour un coût tout à fait modeste!

Selon les magasins, vous pouvez récupérer les chutes de tissus ou non. Chez ma couturière, elle garde tout mais comme elle est vraiment à côté c’est très économique pour moi et j’évite ainsi les trajets en taxi pour juste une petite retouche…

Et les hommes ?

C’est plus simple car ils peuvent acheter un longyi « tout prêt » pour lesquels il faudra uniquement éventuellement ajuster la longueur.

Le résultat pour mes tenues?

En image bien entendu ! (l’indulgence est de mise, le montage a été réalisé avec Paint…)

test final

Le tissu ne se limite pas aux tenues et peut totalement être utilisé comme future nappe, futurs sets de table, futures taies de coussin, futur jeté de lit… bref vous l’aurez compris j’ai dû accumuler une bonne dizaines de tissus pour « quand j’aurais une idée de quoi en faire » entre ceux ramenés à Noël, ceux ramenés par mes parents en février, ceux ramenés par ma mère du Japon en avril, ceux ramenés par un collègue en mai et ceux que je vais ramener moi-même en juin…

Mais j’adore ça… petit péché mignon birman qui va me manquer c’est certain…