Birmaniversaire #8

Et de 8…

Vous souvenez-vous d’il y a 8 mois ? Nous étions en septembre, le temps était agréable à Paris, la rentrée déjà bien entamée, l’activité professionnelle normalement agitée. Ikea faisait ses promotions sur les bureaux, nous avions tous encore un peu la peau hâlée par le soleil des vacances, les feuilles mortes habillaient déjà le sol… et puis je suis partie, 6 vaccins dans le bras, 28 kg dans la valise, 96 angoisses dans le bide.

Et 8 mois… Gisèle lue dans 37 pays…

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Je me suis dernièrement souvenu du moment où j’annonce à ma partenaire de natation (oui oui, c’est bien toi Jen) : « ca y est, j’ai trouve le nom du blog ! Gisèle en Longyi… t’aimes bien ? »…

Comme si c’était hier….

Alors 8 mois de grossesse, qu’est-ce que ça donne ?

Ca donne un bébé qui va prendre du poids très rapidement, qui semble déjà prêt à sortir, ça donne quelques désagréments gastriques… C’est le moment où la valise pour la maternité doit être prête.

Alors effectivement, j’ai déjà commencé à songer à ma valise en profitant de ma rencontre avec ma mère au Japon pour lui faire ramener quelques kilos… Ose-je préciser qu’elle a eu une valise de 17,5 kg ? (bon certes il y avait aussi des affaires « d’hiver » pour ce séjour nippon et les fameux kilos de livres achetés à Bangkok).

Dans mon premier post « birmaniversaire » je parlais du fantasme de l’expatriation (je vous invite à le relire d’ailleurs, c’est amusant). J’ai entendu certains dire que je travaillais « en vacances », ce qui me fait un peu bondir, car il n’y a rien de « vacances » à ramer pour se faire comprendre par 40 degrés quand le courant ne fonctionne plus ou qu’il fait tellement humide que je passe plus de temps à éponger la sueur dans mon décolleté qu’à taper sur mon clavier ou quand tu apprends qu’un travailleur pair est décédé dans un accident de scooter durant le week-end… Sans parler du reste déjà évoqué précédemment.

Après 8 mois, je réalise que ce fantasme est devenu ma réalité. Je relève ce défi, je m’ouvre au monde extérieur et à mon monde intérieur. Ces « Maelströms épais » ne sont plus que des petits aléas du quotidien. J’ai fini ma crise d’adolescente du 5 et 6ème mois, je suis plutôt sereine, même si le retour à Paris m’angoisse calmement, je sens mes épaules droites (est-ce le yoga ?) et mon regard tourné vers l’horizon droit devant, un peu en biais vers les étoiles quand même…

Le mois passé, c’était le nouvel an ici. Moi qui ne prends jamais de résolution, j’ai curieusement fait une petite liste de choses que je souhaite améliorer. Sans doute que la méditation a légèrement modifié le prisme de mon quotidien. J’ai voulu faire de cette expérience de première mission un cheminement professionnel et personnel. Pour le professionnel, j’avance et un nouveau poste m’attend au siège à mon retour. Pour le personnel, j’ai l’impression d’avoir fait un bond. Ceux qui me connaissent se souviennent probablement du flottement qui régnait dans mon esprit il y a un an jour pour jour. Flottement qui m’avait, entre autre, alors poussé à postuler à ce poste au Myanmar. Je ressens les effets de cette mue, j’ai lâché le passé, un nouveau souffle m’anime avec un parfum de nonchalance birmane et de thanaka…

Je me demande souvent si « ca va tenir » en rentrant, si toutes ces bonnes résolutions pour un mieux-être vont résister au quotidien Parisien, si je n’idéalise pas ce que je crois être devenue. Retourner dans cette ancienne réalité, ne va-t-elle pas faire resurgir les démons qui vont avec ? Finalement, ce retour est aussi une épreuve, comme si je dois passer mon baccalauréat option « self development » après une année scolaire de théorie et de mise en pratique au Myanmar…

 

Signe d’adaptation : y’a-t-il encore des signes ? Ah si ! J’ai intégré la méthode de travail birmane en disant moi-même « oh… we can do it tomorrow ». Le Myanmar ou l’art de ne pas être pressé..

Signe d’anticipation : trier les fringues à laisser ou à ramener… « Nan mais jamais je ne porterai ça à Paris… ! »

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5 thoughts on “Birmaniversaire #8

  1. Bien sûr qu’on te lit sur tous les continents.
    P.S: merci pour le dédicasse, mon maillot est en mal de toi, il n’ a pas remis les pieds dans la piscine depuis si longtemps…

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