Le processus de réflexion pré-depart : les fringues // deuxième édition

Je l’ai fait dans un sens, je le fais dans l’autre.

Derniers achats : dernier passage chez le tailleur, derniers souvenirs pour la famille, dernières denrées alimentaires…

Derniers cadeaux : pas tout de suite.

A l’époque, ce processus de réflexion m’avait peu à peu lancé dans la projection en Birmanie. J’ai visé plutôt juste en misant de façon excessive sur le coton, partenaire officiel de ma mue.

DSC05936

Mais au moment de faire ma valise pour rentrer chez moi, un constat est clair : « JAMAIS je ne porterai ça à Paris »… je parle des pseudos pantalons pyjama, des teeshirts un peu larges, des sandales totalement détruites (que je recolle régulièrement à la super glue birmane). Sans parler des fringues abimées par la sueur, des culottes dont l’élastique a rendu l’âme à force d’être repassées (oui, notre cook/cleaner repasse TOUT, absolument TOUT, même mon gilet en polaire…). Oui, je déballe même les éléments les plus insignifiants en apparence !

D’ailleurs ce n’est que tout récemment que j’ai peut-être eu la réponse à ce comportement de « repassage » proche de l’obsession compulsive. Il semblerait qu’il s’agisse d’un vestige de lutte face aux larves qui font leur nid dans les manguiers. Ici, sans surprise, il y a beaucoup de manguiers. Les petits œufs de larves chutent parfois pour se retrouver dans le linge qui sèche naïvement… ces petits œufs se nichent ensuite dans la peau, comme un bouton d’acné, et après gestation, le bouton perce et des mini larves se rependent alors à l’extérieur… histoire digne d’un film d’horreur. La chaleur du fer à repasser permet donc de tuer l’œuf (ou de le cuire en tout cas) et d’eviter de vivre une scène peu ragoutante.

La projection dans les rues parisiennes est donc en marche. Comme à l’aller, un tri s’impose. Il y a donc toutes ces culottes qui partiront à la poubelle et non à Paris. Il y a ces tee-shirts qui connaitront le même sort. Il y a ces robes que je ne porterai plus et que je vais donner à mes collègues (même si j’ai un peu un gabarit de cargo à côté d’elles…) et ces longyi qui ne m’habilleront probablement pas à Paris mais qui vont quand même me suivre dans la valise ! Et à la façon de ma mère qui me sort des vêtements qu’elle a gardées depuis des années en me disant « à ton âge je rentrais dedans », je montrerai mes belles jupes Birmanes à ma fille « quand j’étais jeune, j’ai travaillé en Birmanie et je rentrais dedans ! »…

Il y a aussi ce sapin de Noël en brosses de furet, ces vernis à ongles aux couleurs psychédéliques, ce tapis de yoga troué… qui vont rester aussi ici. Ces sandales qui ont vécus, littéralement, en 9 mois de temps ce que peut vivre sur toute une vie une autre paire… vont rester ici pour un repos éternel bien mérité !

Il semble donc que comme une mue d’animal, je vais laisser des morceaux de « peau » derrière moi, des objets, des vêtements, des bouts de l’histoire que j’ai écrite ici. Ce qu’il restera dans ma valise seront les souvenirs heureux, intacts, la suite.

 

Heureusement que les soldes seront aussi synchros avec mon retour histoire d’habiller cette nouvelle peau…

Advertisements

4 thoughts on “Le processus de réflexion pré-depart : les fringues // deuxième édition

  1. ça va te faire bizarre de ressortir les jeans moins confortable que tes longwys j imagine, mais si tu vas au bar en jeans je pense que tu seras plus à l aise, dans tous les sens du terme 😀

    Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s