Cendrillon à Yangon

Il était une fois un pays où le rythme de la vie était au ralenti, un pays où mille pagodes illuminaient les nuits. Dans ce pays, de nombreux expatriés y trouvaient joie de vivre et simplicité après leurs journées de labeur. La vie nocturne était agitée, déclinant une palette d’activité pour satisfaire toutes les envies, d’un simple verre accoudé au bar jusqu’aux déhanchements compulsifs sur une piste de danse. Tout semblait possible. Tout semblait accessible.

La vie sociale s’agitait à partir de 22h00. Les bandes d’expat’ se mélangeait joyeusement dans les rues de la ville à la population locale pour un heureux brassage culturel. On se détendait, on se souriait, on s’amusait, tout bonnement.

Et puis un jour, tout a basculé.

Un jour débarqua une main de fer veillant au respect strict de la loi alors que dans ce pays personne n’avait été absolument regardant jusque-là. Cette loi imposait un couvre feu à 23h00 dans tous les lieux festifs. 23h00. Pas une minute plus tard. La sanction était rédhibitoire. Amendes, travaux forcés, prison… Tous les tenanciers et taverniers de l’ancienne capitale eurent le moral en berne et les profits en chute. Les rues devinent des déserts. Seuls les chiens poursuivaient leur errance jusqu’au bout de la nuit.

Cela semblait être une ineptie ! Ça n’avait pas de sens ! Et pourtant, il n’y avait rien à faire. Impossible de contourner la loi.

Cendrillon vivait donc heureuse. Personne ne découvrira son secret, personne ne verra sa citrouille ! Elle pouvait aguicher tous les princes avec ses fameux talons et son brushing parfait, et alimenter le mensonge magique autour d’elle, entourée de parfaits inconnus, aussi parfaits qu’inconnus. Gisèle était un peu moins heureuse. Elle comptait les week-ends avant son départ et réalisa que les folles soirées au Mojo appartiendraient dorénavant au passé, que les retours à pied à 4h du mat’ dans les ruelles sombres de la cité étaient révolus, que le couvre-feu ne changerait pas de si tôt et qu’elle sera très probablement en train de danser à Paris lorsque la situation s’assouplira de nouveau au pays des mille pagodes.

Mais ne nous désolons pas trop rapidement ! Lorsque la rue n’est plus une invitation, le foyer demeure une valeur sûre. C’est donc entre la sécurité des murs de chez soi ou d’ailleurs que les soirées dureront jusqu’à l’aube, que les journées de labeurs s’évaporeront avec l’ivresse, que dans la douceur des mélodies les heures passeront entourées des siens, de visages connus et chaleureux…

 

Et Cendrillon, elle, ne sera pas invitée !

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5 thoughts on “Cendrillon à Yangon

  1. en France tu laisses tes pompes, meme pourries et sales dans une entrée, t’es certain de rentrer chez toi pieds nus!

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