ça faisait longtemps, non ?

Pas évident de reprendre la plume sur ce blog et de retrouver cette place derrière mon clavier. Il faut retrouver ses marques, renouer avec son style. Pourtant Gisèle en Longyi reprend du service ! Comme je le souhaitais dans mon dernier post, me voilà à quelques mois d’une mission de 6 mois en Jordanie. Il suffisait presque de l’écrire pour que mon vœux soit exaucé : « vivre plus que des vacances sur place ».

Me projeter de nouveau sur  le terrain a été l’opportunité de relire une bonne partie de mon blog. Avant de dire mon « oui » définitif, il fallait quand même que je me revois dans ces moments difficiles. On me disait alors « mais maintenant tu sais ce que c’est », comme si d’avoir vécu déjà cet isolement et ces frustrations, allégerait la mélancolie de la vie d’expat. Pourtant je répondais « savoir c’est peut-être pire ».

Me voilà donc à l’aube d’une nouvelle aventure.

aube

Dans une première mission, tout est inédit : les démarches pré-départ, l’arrivée, les méthodes de travail, l’équilibre vie personnelle / vie professionnelle, la difficulté d’une relation à distance et surtout l’impact émotionnel de l’expatriation. Le Myanmar était loin d’être commode car non seulement ce n’est pas la porte à côté mais en plus les moyens de communication capricieux peuvent engraisser cette fameuse mélancolie du terrain.

Dans une seconde mission, on sait : on sait que ça va être galère de sous-louer un logement, on sait que les premières nuits dans un nouvel environnement vont être difficiles (ajouter de l’atarax sur ma liste pour la pharmacie), on sait qu’il va falloir s’intégrer de nouveau et construire une relation de confiance avec l’équipe sur place. Ce qui est peut être d’autant moins commode quand on arrive pour faire des ressources humaines… qui plus est en tant que femme dans un pays musulman… qui plus est avec les cheveux bleus (je devrais peut être songé à y remédier) !

Alors je relativise : je ne suis qu’à quelques heures d’avion, il y a un starbucks à Amman pour les gros coups de mou,  ce sera bien plus facile pour mes proches de passer me saluer, le poste a l’air vraiment intéressant et pour une fois je pars avec déjà des idées concrètes en tête pour l’équipe, je serais entourée de canadiens et ça c’est déjà réconfortant en soi,.

Car oui, je pars sur le terrain en tant que canadienne (j’en profite pour remercier chaleureusement ma mère d’avoir fait toutes les démarches quand nous étions bambins). Et d’une certaine manière, ça me rend un peu fière. Mais là n’est pas le sujet.

Décider de repartir c’est accepter de mettre de nouveau sa vie parisienne en pause, de manquer pas mal de « 30 ans », de fêter les miens à distance et en plein ramadan, de se remettre en difficulté professionnellement, de devoir être sociable, de gérer une relation à distance.

Accepter de repartir c’est décider d’être un peu égoïste, de se plonger dans une mission avec une nouvelle ONG, de remuer son quotidien et son confort, sa routine.

Et pour le moment, le sentiment qui prédomine c’est l’optimisme. J’aborderai presqu’un sourire naïf digne d’une birmane, sans le thanaka sur les joues… hormis lorsque j’essaie de me dépatouiller des démarches administratives d’une bi-nationale.

Les « on se voit avant que tu ne partes » ont déjà commencé…

Et puis il faut que je rebaptise ce blog !

Début de la mission : 15 janvier.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s