Un toit à Amman

Comme j’ai pu l’évoquer par le passé, la recherche d’un logement à Amman se révèle être encore plus complexe qu’à Paris.

En juin dernier, après 3 ans dans le même nid du 11eme, j’ai dû chercher un logement suite à un vilain dégât des eaux. En 10 visites, toutes dans le 11eme, j’ai trouvé la perle rare et surtout vu mon dossier un peu bancal accepté. J’ai passé presque 3 semaines à chercher de façon très intensive entre désillusion et découragement.

La perspective de devoir retrouver un logement cette fois à Amman me désolait un peu: je ne connaissais pas les quartiers sympa en arrivant ou en tout cas à mon gout, je ne voyais que des annonces pour des prix hallucinants, des meublés au gout vraiment douteux… et puis, en échangeant avec l’une de mes futures collègues à l’époque, nous avions convenu de loger ensemble le temps qu’elle trouve un autre logement et que je conserve le sien. L’un de mes seuls critères était d’avoir 2 chambres avoir de recevoir famille et amis (vous n’avez donc aucune excuse même si je vous vois vous dégonfler déjà!).

Un souci en moins.

Cependant je regrettais presque de ne pas avoir dû chercher un logement, pour le fun. C’est donc par procuration que j’ai vécu la quête du nid pour ma coloc.

Sa méthode: consulter les annonces et prendre contact avec les agents immobiliers et les propriétaires car ils annoncent un logement mais en ont le plus souvent au moins 3 à vous présenter. Car là est tout le paradoxe de l’habitat à Amman : il y a un nombre tout à fait dingue de logements vides, parfois pendant plusieurs mois. Les propriétaires ne voyant pas leur loyer à la baisse, ils préfèrent attendre qu’un expatrié (travaillant de préférence pour les UN) arrive sans négocier et paie cash 1 an à l’avance. Malheureusement quand on est des petits volontaires, comme ma coloc et moi, avec une indemnité de logement modeste, on doit dégainer les tactiques pour attendrir notre interlocuteur.

“Actuellement j’ai 2 chambres et paie moins que ça” pour montrer qu’elle n’est pas dupe du loyer un peu excessif qu’on lui propose. Car en plus, les charges sont totalement aléatoires : électricité, eau, internet, gardien, chauffage central ou non… cela se fait un peu à la tête du client.

“Est ce qu’il est possible de se débarrasser de quelques meubles?” Car ici, la décoration d’intérieur n’est clairement pas à notre gout. D’abord il y a des chaises, beaucoup de chaises et des fauteuils, de très gros fauteuils, et des canapés, de très gros canapés. Alors oui, ils aiment recevoir chez eux. Mais parfois les salons ressemblent davantage à des salles de cinéma. On aime aussi les rideaux épais en velours avec des passementeries et des froufrous. On aime les meubles de lits foncés et massifs. Ou alors, on tombe dans l’excès inverse des appartements 100% sortis d’une visite chez Ikea. Alors qu’un mix des deux pourrait déjà faciliter la projection en ces murs.

Les agents aiment faire des photos sans perspectives ou des gros plan sur des miroirs (et donc de leur reflet). Dernièrement, ma colloc a même eu des vidéos pour présenter l’appartement. Autrement dit, photos et vidéos n’aident en rien : il faut se rendre sur place pour réellement avoir une idée concrète. Réaliser qu’en fait on entend tout ce qui se passé dans la rue, que les murs sont moisis, qu’une odeur de tabac froid règne malgré le déni massif des agents. Il y aurait presque de quoi se vexer quand un agent te présente un taudis en disant “j’ai pensé que ça serait parfait pour toi !”. C’est un peu comme les sites de rencontres, on peut avoir de bonnes, comme de très mauvaises surprises… sans parler du charme (ou de son absence) de la personne ou des lieux…

J’ai visité 4 logements sur la vingtaine qu’elle a vue en presque 3 semaines. Le pire étant que ses agents immobiliers lui ont fait visiter 2 fois 2 appartements qu’elle avait déjà vus.

Finalement son choix se porte sur un agréable appart “avec du potentiel” dans lequel il faudra sans doute enlever quelques meubles, apporter des touches de décorations et de plantes vertes, pousser quelques fauteuils, mettre des lumières chaleureuses… Elle fait donc quelques concessions sur son objectif de départ : 2 chambres et un balcon. Ce sera 1 chambre et un jardin partagé. Contrat de 1 an avec 6 mois payés à l’avance.

Ma photo préférée restera celle-ci : la baignoire à baldaquin.

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Les jordaniens rigolent un peu de nous, expatriés, et de nos appartements hors de prix. Il y a réellement deux marchés ici. Et puis, il ne faut pas oublier que tant que les enfants ne sont pas mariés, ils vivent toujours chez leurs parents (hommes et femmes donc). Par conséquent, une femme qui vit seule est une situation inédite, ce qui explique en partie ces tarifs, car en théorie, le fils ou la fille ne quittent le nid que pour vivre avec leur concubin(e). Vivre à plusieurs sous le même toit permet d’économiser. Mais bon, ça c’est partout la même histoire.

Il faut donc ne pas hésiter à passer le mot auprès de ses collègues jordaniens sur la recherché d’un logement, le monde étant si petit, ils ont forcément un cousin qui connait quelqu’un qui en propose un. Il y a aussi la possibilité de marcher dans la rue car des panneaux (jaunes ou blancs si c’est à vendre ou à louer) signalent les logements disponibles. Et sinon, rechercher sur les groupes Facebook d’expat à Amman et autres sites web spécialisés. Et surtout, être très patient.

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