50 nuances d’ocre – partie 1/2

De la même façon que Bagan était l’endroit qui me faisait le plus rêver de la Birmanie, le Wadi Rum était un peu mon fantasme de la Jordanie. J’en avais l’image d’une Nature étonnante, d’un décor étourdissant de beauté. Lawrence d’Arabie avait aussi nourri mon fantasme, même avec la grippe, juste avant de partir. Il m’aura fallu un mois et demi pour enfin sortir d’Amman et découvrir un peu plus les paysages désertiques du pays. La venue de mon Habibi était la bonne occasion.

La location de voiture et la nuit dans un camp bédouin avaient été réservées en amont. Nous récupérons la voiture (quasi sans essence) chez Europcar vendredi soir afin de partir à l’aube le lendemain. Bon l’aube est en fait devenue plutôt 8h30. Un plein d’essence et nous voilà en route vers le sud pour environ 3h30 de trajet.

La route est plutôt monotone, des pleines arides, des villages, d’autres pleines arides, quelques collines et surtout beaucoup de check-point. Au premier, je tends mon permis français estimant qu’il ne va rien comprendre. On repart. La cocasserie des autoroutes sont les dos d’ânes. Oui des dos d’âne sur des routes limitées a 110km/h. On roule encore. On croise des moutons, des brebis, des voitures qui roulent à contre sens sur l’autoroute ou bien qui décident de faire demi tour sur le terre plein central. Ils conduisent comme ils travaillent… de façon un peu anarchique ou nonchalante… question de point de vue.

Nous passons non loin de Karak, de Petra, de Wadi Musa puis enfin le Wadi Rum. Ces monts ocre commencent à se détacher de l’horizon, nous arrivons sur Mars. Nous croisons de plus en plus de panneaux de signalisations indiquant la présence de chameaux. Encore quelques virages et nous voilà au centre d’accueil des touristes. En effet, pour accéder au Wadi Rum, nous devons payer l’entrée (5JD pour les non jordaniens). Et là, se dressent enfin face à moi les 7 piliers de la Sagesse. Je n’en compte que 6 mais ce n’est pas grave. La mélodie de Lawrence d’Arabie résonne entre mes deux oreilles. Le soleil est bon, le vent un peu frais. Nous y sommes !

Nous nous dirigeons alors au village de Wadi Rum où nous laissons notre voiture, déjeunons sur des chaises en plastiques notre salade de Kale (oui, mon petit Kale Bio d’Amman) pendant que Guillaume nourrit un chat avec des bout de mtabah. Nous emportons nos affaires et montons à l’arrière de la jeep qui va d’abord nous trimballer pendant quelques heures avant de nous déposer au camp. Notre conducteur, à la barbe soignée, semble aussi réservé que chaleureux.

Les circuits sont très bien organisés selon la durée que l’on souhaite. Trois heures nous semblaient suffisantes et adaptées pour nos bourses. Il n’y a pas grand monde, nous sommes totalement hors période touristique et c’est encore plus plaisant. Nous crapahutons sur les montagnes, nous profitons des panoramas magnifiques, nous profitons aussi du silence, nous escaladons des dunes de sable rouge, si fins et si doux sur mes chevilles nues, nous nous engouffrons dans des siq, nous découvrons des inscriptions Nabatéennes et Arabes. Nous dévalons les pentes, nous testons notre vertige sur les arches. Nous croisons des petites bébêtes. Tout cela, un tout petit peu trop vite pour notre guide qui nous proposent d’aller prendre le thé pour combler notre tour. Nous voilà donc assis autour d’un feu, sous une tente bédouine, avec 2 bédouins dont l’un parle très bien anglais et un peu français, à force de croiser ces maudits touristes ! Nous prenons le thé, mélange d’épices : cannelle, cardamone, sauge, thym… Si délicieux que j’aurais pu boire sa théière de 10 litres. Nous parlons de tout et de rien, l’un d’eux veut me faire un petit dessin au Henné. Je résiste avant de céder… When in Wadi Rum… Guillaume fume avec l’un d’eux, notre chauffeur est avachi sur son matelas, deux chats se joignent à nous. Quelques bédouins du coin passent prendre un thé ou juste dire bonjour. Aucun touriste à l’horizon. Ce moment me force à lâcher mes résistances : est-ce un piège touristique ? Doit-on acheter quelque chose ? Non, en fait, c’était juste un échange simple entre des cultures différentes. Sans arrière pensée. Juste faire don de leur hospitalité. Je place quelques mots d’arabe et ils décident de m’en apprendre davantage. Mon cerveau n’a plus 20 ans et ne mémorise pas aussi bien qu’à l’époque. Nous profitons alors avant de terminer notre parcours. Pepouze.

Nous arrivons à notre camp. Un beau camp. Un petit plaisir. Le thé de bienvenue dans la main, notre hôte nous explique le repas du soir et nous présente brièvement le camp. La nuit commence à tomber et les falaises face à nous se teintent de différents tons de rouge. Assis dans nos poufs, nous profitons des dernières lueurs avant de nous mettre en rouge vers le repas : agneau et poulet cuits dans le sable. Un festin qui me fait m’endormir à 21h30 après s’être posés sur un banc à observer la nuit et son ciel magnifique.

Dure la vie.


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