Jordaniversaire #2

C’est curieux, voilà 2 mois que j’ai quitté Paris. Ma vie parisienne commence à me sembler loin, certaines choses me manquent (comme d’aller nager, ou en tout cas d’essayer d’y aller avec ma fidèle acolyte) d’autres non (comme les trajets en métro).

Les liens que j’ai pu établir ici  avec d’autres expatries se révèlent assez forts, sont-ils à la mesure de la frustration qu’on ressent fréquemment au travail, est-ce en lien avec les caprices météorologiques, ou y’a-t-il dans le humus un élément favorisant la synthèse d’ocytocine, hormone de l’attachement ?

Bien loin de mon Birmaniversaire 2, cette fois, je ne doute pas de mes compétences professionnelles. J’ai une vision très claire de ce que je peux apporter et de comment le transmettre. Je touche à tous les aspects RH et ça me plait assez. Par contre je dois composer avec les aléas du quotidien au bureau, des collègues qui pleurent régulièrement chez le partenaire (personne ne s’est battu depuis la dernière fois), des histoires de hiérarchies au bureau de coordination, des sanctions disciplinaires, des nouvelles recrues… et cela devient parfois très déstabilisant. Quelle place ai-je réellement ici ? Mes initiatives vont-elles perdurer ? Vais-je pouvoir tirer profit au maximum de cette expérience et en revenir avec un maximum de nouvelles compétences ? Cependant, je constate quand même avoir réussi à mieux travailler ce mois-ci, comme je me le souhaitais lors du Jordaniversaire 1. Pourvu que cela se maintienne… Je me souhaite pour le prochain mois de m’attaquer a de nouvelles problématiques, peut-être même de travailler avec de nouveaux partenaires… nous verrons bien. Inch’Allah.

En dehors de la vie de bureau, j’ai pu profiter de deux belles excursions en dehors d’Amman et attends les prochaines avec impatience. J’ai pu partager mes joies et mes agacements avec mon Habibi, il a pu mettre un visage sur tous ces noms qu’il entend. Il a pu profiter des journées estivales et du froid nocturne, des averses et de la météo « poussière » comme la qualifie l’application météo sur iPhone. Nous avons crapahuté dans la ville et dans le désert. Il a découvert la médiocrité du vin jordanien mais aussi les délices culinaires de la région. Il a pu flotter sur la mer morte et baigner dans un environnement sonore différent : une langue originale, le chant du camion de gaz, les cris des vendeurs de rues. Il vous en parlerait mieux que moi. Tiens d’ailleurs, ne serait-pas une bonne idée que de le faire écrire un article pour ce blog ?

Ce deuxième mois a été marqué par le désenchantement de l’expatrié. La fameuse lune de miel, absente de ma première expatriation en Birmanie, a bien été présente en Jordanie. Et la chute fut assez brutale. J’éprouve encore des difficultés à chasser ma bougonnerie, mon agacement, ma frustration. Je n’ai pas trouvé la stratégie efficace. Mon seuil de patience est proche du niveau de la mer morte justement (400 mètres sous le niveau de la mer). La moindre contrariété me fait jurer. Il m’est même arrive de hurler contre un chauffeur de taxi un tiers français, un tiers anglais, un tiers arabe. Du grand n’importe quoi… Ce pays joue avec mes nerfs d’une façon incroyable. Et après avoir passé une soirée avec un ami rencontre en Birmanie (il passait des vacances en Jordanie mais vit toujours à Yangon) je confesse avoir ressenti la nostalgie de l’Asie du Sud-est…

Cependant, ce mois-ci a aussi vu la fécondation d’un nouveau projet de livre sur… l’expatriation. Freud serait ravi de me voir sublimer ma petite pulsion agressive en énergie vitale et intellectuelle. J’en suis à l’étape des mots clés rependus sur mes cahiers personnels, sur mes cours d’arabe, sur mes to-do list professionnelles. Je n’ai pas encore franchi l’étape de la rédaction pure et dure, ni encore mois celle de la recherche d’un éditeur. Ma suite office ne fonctionnant plus sur mon ordi personnel, j’y trouve une excuse pour ne pas encore sauter le pas… Mais l’idée est là. Elle poursuit son développement embryonnaire pendant que parallèlement je poursuis mon développement jordanien.

Le départ du Habibi ce soir-même va sans doute être un peu déstabilisant car au moment où  je trouvais un équilibre dans ma routine, je la modifiais pour sa venue. L’écriture sera sans doute mon nouvel amant pour les prochaines semaines.

Bon, faut vraiment que je trouve une suite Microsoft Office qui fonctionne…

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