De l’originalité

La vie d’expatrié est pleine de surprise, on découvre un nouveau pays, une nouvelle culture, on décroche un nouveau job… mais pas que. Dans l’expatriation et dans la rencontre avec l’autre, on se retrouve au milieu d’événements que rien ne pouvait prédire. C’est ainsi qu’il y a 2 ans, je célébrais la fête nationale néozélandaise à Yangon et c’est ainsi que vendredi, je fêtai la Saint Patrick à Amman. En périphérie de la capitale était organisé un petit festival, comme ceux qu’on peut trouver l’été dans les bleds paumés de Bretagne. Plusieurs stands correspondant aux pubs irlandais de la ville, un salon de barbier en plein air, des espaces de convivialités, un billard, et puis une scène où les groupes locaux se succèdent de 16h à 22h. Il s’agit d’une première et je m’imaginais déjà, dans 15 ans, voir l’ampleur que prendra ce festival façon vieilles charrues. La foule augmente petit à petit et on distingue quelques têtes d’expatriés mais surtout des jordaniens, ces jordaniens qui roulent dans de gros cylindrés et qui visiblement ne tiennent pas vraiment l’alcool. La moyenne d’âge doit être autour des 30/35 ans avec quelques exceptions dans un sens, comme dans l’autre.

Ce qui est aussi surprenant c’est de voir cette festivité autorisée. Alors certes on est sur un terrain de golf, isolé, des policiers traînent autour et sans doute quelques-uns en civil sont parmi nous mais le whisky coule à flot depuis 13h00… vers 20h, tout le monde danse et chante. Un peu en retrait (mais surtout prêt d’un feu car la nuit, ça caille !) nous observons avec mon ancienne coloc la faune qui se débride de plus en plus…

Une telle activité permet d’oublier la mélancolie liée au départ du Habibi et du manque qu’il génère. Je n’avais pas vraiment réfléchi en amont à cet après-coup, à ce renouveau de solitude un peu amère. J’ai ma routine, certes, mais la vie est plus douce lorsqu’elle se partage à deux. Je retrouve même des réflexes post-rupture tels que tout nettoyer l’appart pour effacer toutes traces de son passage ou bien remplir mon frigo plus que raison pour compenser le vide dans la bouffe. Je fais des to-do listes dérisoires pour me donner le sentiment d’être active car les temps morts seraient synonymes de chagrin. D’ailleurs, samedi, au centre commercial à côté de la maison, il y avait une petite « foire » aux créateurs libanais. Ça aussi, ça semble assez inédit. Mais bon, après mes deux dernières fins de semaine en dehors d’Amman, il était agréable de rester chez soi et de rêver de contrées lointaines. Et surtout d’acheter une poêle pour remplacer celle dont le manche m’est un jour resté dans la main. Une autre réalité de l’expatrié.

L’originalité se veut aussi météorologique car on annonce une tempête de sable sur les deux prochains jours. Déjà, le jordanien ne sait pas conduire lorsqu’il y a une micro goutte de pluie, je n’ose pas imaginer ce que ça pourrait donner avec du sable.

Alors on rempile pour une nouvelle semaine, sableuse semble-t-il donc. D’ailleurs, c’est la semaine de la francophonie et l’institut Français organise tout un tas de petits événements. J’ai raté l’atelier fabrication de baguettes de pain mais compte me rattraper à la braderie de livres ou bien lors d’un concert honorant la langue française.

Inch Allah.

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