La mer morte est bien vivante 2/2

En attendant que notre chambre soit prête, nous fonçons vers le spa pour passer de nos tenues de route à nos tenues de plage : direction -400 mètres sous le niveau de la mer pour une petite baignade. Le Habibi se coupe les pieds sur les galets cristallisés par le sel et moi je flotte en tentant de ne pas mouiller mes cheveux. Je ne souhaite pas vivre une expérience chimique malheureuse entre les minéraux de la mer morte et mes cheveux bleu délavé. Puis nous nous enduisons de boue et c’est à ce moment là que je remarque les femmes en burkini avec la boue sur le visage, les mains et les pieds, puis je me regarde, petite blanche en maillot 2 pièces, « embouée » du cou aux pieds, puis je regarde toutes les femmes : un vrai mélange de la jordanienne blonde peroxydée aux faux cils à la limite du vulgaire au burkini en passant par quelques touristes.  La boue sèche et nous filons nous rincer frotter pour éliminer les résidus de boue. Nous étions 3 autour de la douchette : un monsieur, habibi et moi. Ce monsieur, jordanien, nous demande d’où nous venons. Ah la France… Il nous raconte qu’il y va souvent, à Paris, à Lyon et même à Annecy. Je lui parle du lac. Oui c’est beau. Habibi lui demande « did you ski there ? » et le monsieur répond « no, we went by car ». Je ne sais pas si c’était du second degré humoristique ou juste de la naïveté. Dans les deux cas, ça m’a fait sourire.

Nous filons ensuite profiter du spa et de son jacuzzi extérieur, sous le soleil de la fin d’après-midi. Nous faisons nos longueurs dans la piscine quasi vide, nous profitons des jets massant. Il y avait même une piscine d’eau de la mer morte, en légèrement plus corsée, et qui réveillera la moindre petite écorchure. « Ça cicatrise » balançais-je au Habibi en me tordant dans l’eau.

Après une pinacolada au bar de l’hôtel, nous nous dirigeons vers l’autre bar au bord de la mer morte mais quand nous demandons le menu, on nous explique que les serveurs vont prendre leur pause et qu’ils nous l’apporteront dans une demi heure. Logique jordanienne. Ils n’ont pas compris le concept des roulements je pense. Ce n’est pas grave, ma bière est fraîche.

Le lendemain, la journée comporte les même activités : plage, piscine, boue, pas de baignade car il y a du vent. Nous faisons notre check-out mais continuons de profiter des activités aquatiques et je tente tant bien que mal de soigner mon épaule bloquée du matin même en attrapant un mouchoir. L’approche des 30 ans se rappelle ainsi à moi. Le temps se couvre mais le paysage dévoile toujours un peu de Palestine. Des chantiers à droite et à gauche de là ou nous sommes restes présagent de nouvelles déformations de l’horizon. L’après-midi avance et nous décidons de rentrer à Amman, je tends le ticket aux voituriers puis nous attendons. Des personnes arrivées après nous récupèrent leur véhicule avant nous. Je deviens suspicieuse et me demande ce que les Jordaniens me réservent encore. Nous voyons l’un d’eux courir avec des câbles de batterie. Les autres voituriers nous regardent en murmurant entre eux. Ah bah c’est sûr, c’est pour ma pomme là. Habibi plus optimisme que moi pense déjà qu’ils vont nous offrir une nuit supplémentaire si nous ne récupérons pas notre voiture fonctionnelle… Ah ! la voilà. Habibi demande s’il y avait un souci avec la voiture, notre voiturier nous répond que non. Alors je demande a mon tour, avec une voix nettement moins conciliante et précisant que je les ai vus partir avec les câbles. Il confesse que la voiture ne démarrait pas… Nous prenons le chemin du retour un peu sceptique, craignant une panne, par une autoroute moins attirante qu’à l’aller mais en 45 minutes, nous voila à Amman. Un seul check-point, on baisse la fenêtre et notre policier nous dit directement « drive ».

Ces weekends me semblent déjà bien loin et ce à peine rentrée à Amman, comme si la détente nécessiterait dorénavant plus de temps pour faire effet sur moi et mon épaule bloquée. Sans doute qu’une nuit sur place ne suffit pas. A noter pour la prochaine fois…

Encore tant de choses à voir et à découvrir en Jordanie. Un si petit pays, pétri d’Histoire, dans lequel il est quand même facile de se déplacer (si tant est qu’on accepte de conduire ici et qu’on arrive à adopter la conduite « jordanienne ») mais qui représente facilement un petit budget. Comme me l’expliquait un collègue jordanien, finalement c’est moins cher de profiter d’une semaine à Dubaï vol inclus que de passer un weekend touristique en Jordanie.

Mais mon visa est « single entry » pour le moment…

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