Les chateaux du désert… Lawrence est encore dans les parages.

L’avantage d’avoir des amis qui quittent le territoire tout prochainement tient au fait qu’ils tentent de finir leur to-do touristiques jordanienne. L’occasion pour moi de rayer de nouveaux lieux de ma propre liste. L’aventure de la semaine prend place à l’est du pays, la route du désert, l’autre désert, vers les châteaux, d’autres châteaux. Je récupère la voiture avec la redondante blague “c’est une voiture française !”… surprise : elle a de l’essence cette fois !

4 sourires cosmopolites se joint. Première étape : Qsayr Kharana (à prononcer rarané). J’ai toujours cette sensation de bouffée d’air dès que nous quittons Amman. Malheureusement, le paysage se veut de moins en moins vert et de plus en plus asséché. L’été est là et ses effets commencent à se faire remarquer.

Le Qsayr Kharana est une très belle introduction pour la journée. Il doit être à 10 mètres de la route principale ce qui me semble assez incongru en arrivant “t’es sûre que c’est là”. Il daterait du 8ème siècle et son allure s’impose dans la plaine désertique. Massif, rectangulaire, avec ses 2 étages. Passé l’entrée, nous pouvons déambuler partout dans le château. Nous passons par les écuries des chameaux, des escaliers, des pièces plus ou moins bien conservées. Nous nous amusons dans ce dédale et profitons de l’ombre qu’il offre, en entendant au loin (mais pas si loin donc) passer les camions en route vers l’Arabie Saoudite.

Nous poursuivons notre trajet. Les tourbillons de poussières font danser le sable, les mirages sont de plus en plus présents. Notre deuxième château est le Qsayr Amra. En fait il s’agit d’un Hamman plus qu’un château. Il est inscrit au patrimoine de l’UNESCO et pour cause : de sublimes peintures ornent toutes les façades intérieures. Dans un état de conservation aléatoire, je dois avouer ma surprise de découvrir de tels ornements au milieu de nul part. Les peintures représentent des animaux musiciens, des femmes nues, des portraits, des scènes de vie, plutôt rare en terre d’Islam!

Nous reprenons la route en direction du château d’Azrak. Nous continuons la traversée désertique, passant au milieu d’une réserve dite naturelle mais qui a largement souffert de l’activité humaine pour finir plutôt asséchée même s’il est toujours possible de s’y promener. Nous préférons éviter le spectacle de la désolation. Le château d’Azrak est lui aussi en bord de route. “Vous êtes sûrs que c’est là?”. Construit en basalte, il se distingue des autres châteaux. La porte était fermée et aucun visiteur ne semblait traîner dans les parages mais un guide s’avance vers nous pour nous ouvrir un petit portique. L’une de mes camarades de séjour remarque que ce guide est mentionné dans le guide bleu comme le petit fils d’un ancien combattant d’origine circassienne aux côtés de Lawrence d’Arabie. Il nous promène dans ce château, enfin ce qu’il en reste. Des écuries, une mosquée, la chambre de Lawrence… Ce serait d’ailleurs depuis ce château qu’il aurait lancé l’offensive contre les ottomans de Damas. Car oui, la Syrie n’est qu’à quelques dizaines de kilomètres de là où nous nous trouvons.

Nous continuons notre périple. D’abord l’ancien Hamman As-Sarah, refait un peu à neuf dans l’ancien, qui ne présente pas d’intérêt. Puis le fort du Qasr Al Hallabat, un peu plus loin, un peu plus intéressant, tout aussi refait mais possédant de belles mosaïques, des arches restaurées, et un panorama sur les alentours. Ce château a vu passer les Romains (auteurs des mosaïques du 3 eme siècle), les Byzantins (qui en firent un monastère) et les Omeyyades.

Le détail amusant étant qu’à chaque château, les gardiens nous disaient que nous payerons au prochain les visites. Résultat, nous n’avons jamais payé…

Typiquement, ce genre d’aventure est plutôt pour les résidents permanents que les touristes de passage (hormis les passionnés de châteaux) car il y a tant à voir en Jordanie que ce périple n’est pas le premier centre d’intérêt. La blague a été demandée à un ami jordanien s’il a déjà visiter les châteaux du désert. Il a répondu que non. Nous avons un peu compris pourquoi à notre quatrième visite. Les trois premiers châteaux auraient pu suffire mais autant en profiter jusqu’au bout.

Nous avons aussi eu l’opportunité de passer le long de l’autre grand camp de réfugiés, celui d’Azraq ouvert en 2013, évoqué lors de mon blog sur Zaatari. Il ne compte “que” plus de 34 000 réfugiés dont la moitié sont des enfants. De loin, il donne l’impression d’être mieux organisé, il y a un champ de panneaux solaires. Mais ceux-ci sont récents car avant il y avait de réelles pénuries d’électricité, malgré les quelques générateurs, si bien que les réfugiés ne pouvaient que difficilement maintenir le contact avec l’extérieur faute de batterie, ajoutant des difficultés supplémentaires alors que ce camp est déjà extrêmement isolé. Il est littéralement en plein désert et témoigne d’une autre histoire que celle des châteaux…

Nous regagnons la capitale en fin d’après-midi en passant par Mafraq et ses bouchons. Les coups de soleil commencent à se faire sentir et nous décidons de clôturer la journée par une glace sur rainbow street. En dégustant mon sorbet à la mangue, je me dis que quand même, j’ai de la chance d’avoir fait de si jolies rencontres en Jordanie.

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