Aqaba A Quatre

C’est depuis un transat au bord de la mer rouge et par ce qui semble être 35 degrés que j’entame la rédaction de ce post. Je me sens loin d’Amman, loin de la routine, loin du travail. Je pourrais être dans n’importe quelle station balnéaire si le paysage au loin ne me rappelait pas la géographie singulière de la région.

Reprenons depuis le début. Nous avions décidée avec une collègue de lancer un mouvement Aqaba pour l’un des week-ends du Ramadan. De plus, les tarifs sont clairement intéressants pour la période et ce d’autant plus avec les offres pour les employés d’Oxfam. Voiture bookée. Hôtel booké. Le choix reste celui des maillots de bain. Nous décidons de partir de bonne heure un vendredi matin. Réveil à 6h après une nuit quasi blanche pour cause de quelques tracas. En route à 7h. Crevaison de pneu autour de 9h sur l’autoroute. Le pneu semble avoir quasiment implosé. Nous nous mettons sur le bas côté, chacune s’affaire à débloquer la situation, nous sortons la roue de secours, appelons l’agence de location, préparons le cric. Comme si cela était parfaitement normal. À croire que nous agissons comme de parfaits jordaniens. Car oui, la Jordanie est réputée pour 2 choses : Pétra et les pneus crevés. Mais ca, je l’apprends par la méthode dure. Quelques minutes plus tard, 4 jordaniens viennent à notre rescousse. En plein ramadan, sous le cagnard, ils traversent l’autoroute et nous aident à changer notre pneu.

Mais surtout force est de constater qu’ils sont bien mieux équipés que notre voiture de location. Cela vient confirmer l’hypothèse de la fréquence des crevaisons. Puis vu leur gabarit et la force nécessaire pour débouler le pneu, finalement nous aurions bien galéré, nous petites femmes. L’un deux, dans un anglais pas trop mal, nous explique que le pneu de secours est clairement de mauvaise qualité et que nous ferions mieux de retourner à Amman changer de voiture. Avec une grande sérénité nous décidons de nous rendre à l’aéroport. En roulant, nous constatons que nos 4 samaritains roulent à la même allure que nous et nous font arrêter à 2 reprises pour s’assurer que tout va bien. Y’a pas à dire, ils ont le sens du service. Une nouvelle voiture plus tard et un starbuck à la main, nous voilà repartis. Etonnamment si cette aventure était arrivée en février ou mars, je pense que j’aurai péter un câble. Là, nous en avons toutes rigolées.

Trajet classique, nous passons par le Wadi Rum. Cette vision me rappelle mon court séjour là-bas, la beauté du paysage m’appellerait presque à revenir avant mon départ définitif. Puis encore une petite heure de route et nous voilà a Aqaba. Ville sans grand intérêt. Quelques centres commerciaux, un grand drapeau, une ruine, un aquarium.

Nous poussons un peu plus loin car nous avons choisi de rester à Tala Bay, un complexe balnéaire avec ses magasins duty free et sa petite marina. Le Movenpick, où nous passerons la nuit, est très agréable et surtout plutôt vide. Nous nous empressons d’enfiler nos maillots de bain pour mettre les pieds dans la mer rouge. Le paysage est vraiment beau. Nous faisons face à l’Israël et plus loin l’Egypte. Elath est en face d’Aqaba. D’ailleurs je constate rapidement le nombre important de touristes israéliens. La mer est agréable, les vaguelettes débloquent instantanément mon nerf coincé dans le dos. Le vent rend l’air chaud plus respirable. Les montagnes en face animent l’horizon. J’oublie Amman, j’oublie le travail, ma seule idée est de ne pas attraper de coup de soleil. Nous aurions pu faire du snorkeling ou de la plongée mais nous n’avions qu’une envie : attendre au soleil. Cependant, si je n’avais pas le vertige dans l’eau, la mer rouge semble être un endroit de choix pour ce type d’activité, possédant une belle faune marine.

Nous nageons entre mer et piscines, nous trinquons  avec une pina colada, nous profitons du buffet sur la terrasse. Nous échangeons de tout et surtout de rien. En quelques heures je suis déjà ailleurs. Je me mets à penser que le timing est plutôt bon car dans mon hyperactivité jordanienne, si j’avais été à Aqaba plus tôt, j’aurais pu être déçue de ne pas voir grand chose. Après avoir vu l’essentiel du Pays, l’espace à la détente est plus grand. Et je commence à en avoir besoin.

Puis comme les bonnes choses ont une fin (sauf le saucisson qui en a deux) en fin d’après-midi le samedi, nous nous remettons en route vers la capitale. L’approche d’Amman correspond aussi à l’approche de l’Iftar et les voitures, peu nombreuses sur la route, nous dépassent à toute allure. Plus que quelques dizaines de minutes avant le couché du soleil. Pas de pneu crevé. Nous passons devant 2 personnes vendant dattes et sachets d’eau, tradition oblige. Mais nous sommes plus occupées à faire du karaoké sur Madonna. Un mois de juin qui commence plutôt bien, le nez dans la piscine. Voyons comment il se terminera…

Pour les parisiens, un weekend à la mer rime le plus souvent avec Deauville ou Honfleur… Pour les Ammaniens, c’est plutôt mer rouge ou mer morte… Dure la vie !

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