Et vinrent les derniers jours du Ramadan

Dimanche dernier, le pays célébrait la fin du Ramadan. 4 semaines qui sont passées très vite et durant lesquelles j’ai découvert un autre rythme, une autre atmosphère de la ville et surtout pu confronter les idées reçues sur cette période…

Tout d’abord tous les chauffeurs de taxi étaient exceptionnellement sympathiques. Aucun n’a tenté de faire des détours pour rallonger le compteur, quasi tous m’ont rendus la monnaie et tous ont mis le compteur sans que je le demande. Aussi, je n’ai jamais vu autant de bouchons dans les rues à la sortie du bureau ! Moi qui rentre systématiquement à pied, ce n’était pas très agréable de déambuler dans les gaz d’échappement et les symphonies de klaxons (ca, ca ne s’est pas améliore durant la période). Quelques détours se sont naturellement imposés pour profiter de l’accalmie qu’offrent les petites ruelles de Shmeisani. Et puis, entre 19h30 et 20h00, les avenues sont vides de piétons et de voitures. Quelques taxis foncent dans le désert citadin. L’heure de rompre le jeun est un instant suspendu pour la ville.

Mes collègues semblaient fatiguer à vue d’œil et comptaient les derniers jours du Ramadan. L’une d’elle m’expliquait sa vision du Ramadan comme une expérience mystique, pour se rapprocher de sa foi, pour réfléchir sur soi, une introspection religieuse en somme. Ce Ramadan était particulièrement difficile pour elle car c’était le premier depuis le décès de son père. Un autre m’expliquait y voir plutôt une forme de test, d’épreuve de résistance physique et mentale. Une partie de mes collègues femmes se retrouvaient pour la prière du midi, leur tapis à la main. Les hommes, eux, étaient bien plus discrets. Et même à la radio, les slogans y allaient bon train “Ramadan is more about losing bad habits than losing weight”!

J’ai bien senti les odeurs de barbecue au coucher du soleil quelques soirs. J’ai aimé les décorations de « Noël » illuminant les rues et les balcons. J’ai apprécié l’atmosphère de ces jours-ci. J’ai aussi découvert certaines traditions dont le « msahrati », un chanteur de rue signalant le levé du soleil et réveillant les villageois pour l’heure du Souhour (le repas précédant l’aube), tambour au ventre et vocalise dans l’air. Je l’ai même guetté une fois à 4h du matin pour découvrir qu’ils étaient en fait 2 ! L’un chantait, l’autre tambourinait… J’ai pu dévorer des spécialités du Ramadan (essentiellement les pâtisseries dégoulinantes de sucre) tout en diminuant la taille de mon estomac par ce rythme alimentaire bousculé.

Je ne pensais pas non plus trouver autant de bars ouverts ! Alors certes, ils masquent les fenêtres pour que les passants ne voient pas les objets de vice mais tous les repères habituels restent ouverts (ce qui n’était pas le cas quelques années plus tôt). Les restaurants restent eux fermés de jour et les magasins ont aussi des horaires différents.

Globalement, le quotidien peut être identique pendant et hors période de Ramadan, même si je ne mangeais quasi jamais au bureau et ne pouvais pas boire d’eau dans la rue. Les horaires de travail étant raccourcis, c’était plutôt agréable de rentrer finir sa journée de travail dans le confort de son canapé avec une limonade à la main.

La fin du Ramadan signifie aussi Eid Al Fitr : 4 jours fériés (3 pour mon ONG) qui cette année se juxtaposaient à un weekend. L’occasion de bouger d’Amman avec Habibi et de partager avec lui mes découvertes des mois précédents… A suivre dans un autre article… !

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