jeu des différences #1

Pour animer de façon un peu différente et pour vous épargner de temps en temps de mes longs blablatages, une nouvelle routine hebdomadaire va prendre place sur ce blog: le jeu des différences. En parcourant mes photos parisiennes j’ai décidé de les confronter avec mes photos birmanes.

Si vous voulez participer au jeu, vous pouvez m’adresser par e-mail vos photos de Paris et je tâcherai au mieux de les “matcher” avec la vie ici.

La première: Tour Eiffel VS Pagode (de Bago)…

tour eiffel shwe

 

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Myanmariage

Avant de partir, je n’aurais jamais imaginé me retrouver invitée à un mariage Birman. Et me voilà un mois et demi après mon arrivée assise au sein d’une salle de réception d’un monastère bouddhiste.

8h35 : Avec quelques collègues, nous nous retrouvons au bureau pour partir ensemble. Mon « chef » m’a regardé 2 fois avant de me reconnaitre. Eh oui, sans lunettes et maquillée, j’ai troqué mes pseudos pyjamas pour une robe longue et voluptueuse, mes birkenstocks pour des talons.

Nous sommes attendus pour 9h00 et nous partons du bureau vers 9h10. C’est ça la ponctualité birmane. Oublions le quart d’heure de politesse, ici le retard est visiblement l’ordre naturel des choses.

DSC05801Une vingtaine de minutes plus tard, me voilà entourée d’une centaine de convives, tous plus apprêtés les uns que les autres. Pour nous accueillir, on nous offre un stylo (j’aurais préféré des draguées au chocolat). Les birmanes ont revêtu leur plus beaux longyis, leur coiffure sont élaborées et décorées d’orchidées. Moi et mes deux tresses sur la tête je me sens vraiment comme une étrangère. Ratée pour la classe naturellement parisienne, ici il faut miser sur du chatoyant, du froufrou et des faux cils !

A notre table, une casserole de riz entourée de plusieurs assiettes miniatures de légumes et de viandes n’attendent que la fin de la cérémonie pour être englouties. Niveau déco… Céline aurait été affolée. Je ne sais même pas par quel bout commencer… Les tables, oublions. Les fleurs… des dizaines de bouquets de roses jaunes et petites fleurs non identifiées parsemaient la salle, nos chaises étaient affublées d’une taie jaune à froufrou surmontée gros nœud. Sur l’estrade il y avait écrit en Birman le nom des mariés dans une police rose fuchsia ainsi que leur diplôme universitaire. Autrement dit, si je me marie ici je vais avoir « DU de sexologie » au-dessus de la tête…

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9h45, la salle compte maintenant environ deux cents invités. Une équipe de photographes/cameraman suivie par une autre équipe d’éclairagistes déambulent entre les tables pour capturer chaque personne. Très cocasse de voir les birmans totalement figés lorsque la camera s’approchent d’eux. L’attente se fait avec des chansons d’amours classiques remixées à la sauce Birmane (autrement dit, ils rechantent par-dessus les paroles anglaises en birman)DSC05816

 

10h00, un présentateur (apparemment ZE présentateur) arrive pour animer la cérémonie. Dans une tenue traditionnelle et rose et brillante, il nous livre un discours, m’a-t-on dit, très pompeux (j’ai compris un mot ! « thanila » signifiant « lundi »). Puis un peu plus tard viennent nos mariés, suivis de leurs parents. Notre Win Thida était toute droite sortie d’un conte, des postiches de cheveux pour gonfler un chignon paré de dorures, une robe dorée scintillante de mille feux. Il est fréquent de ne pas reconnaitre la mariée tellement celle-ci peut être fardée. Heureusement que le mauvais gout ne fait pas partie des défauts de notre représentante MDM. Ils s’assoient sur l’estrade, l’équipe vidéo/photo nous cachent littéralement la vue à tous. Un premier couple vient remettre un collier de jasmin à chaque marié, un second couple apporte les alliances. Pas de discours (enfin si notre présentateur continuait son monologue) pas de baisers, des sourires gênés. Une photo de famille et les mariés redescendent saluer chaque table qui a déjà commencé à manger. Notre riz avait un goût particulier, du riz au beurre et au miel… Car c’est ça les mariages ici, en plus des petits nœuds et des petits cœurs, du rose omniprésent dans les tenues (ou dans les cheveux), il y a dans toute la pièce un parfum sucré. Constatation confirmée quand une horde de serveurs vient nous apporter une coupe de glace.

 

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L’amour a donc un goût de bonbon baroque à Yangon.DSC05828

10h45 : on plie bagage, la cérémonie est finie, on rentre au bureau. Une petit photo (floue…) avec les mariés au passage, la mère de la mariée s’est mise à me parler en Birman comme si elle me connaissait en me tenant la main… l’émotion sans doute, je n’ai rien compris cette fois.DSC05829

Le mariage est tout autant une réelle étape dans la vie, ici, un rite de passage, mais sans chaises musicales, sans quiz aux mariés, sans litres d’alcool et kilos de petits fours, sans danse, sans ambiance, sans Barry White.

 

Moralité, si un jour je me marie (…hum…), je préférerais Las Vegas que Yangon.

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Suivez le guide

Quelques achats chez Pomelo : le magasin éthique et fair-trade de Yangon où la plus bornée des parisiennes pourrait trouver son bonheur. Ils favorisent les petits producteurs locaux et groupes défavorisés. Alors certes on paie plus cher (un peu) que si on allait ailleurs mais les produits sont du coup des pièces (quasi) uniques et honnêtement, pour quelques euros de plus on participe à une belle initiative. C’est coloré, c’est amusant, c’est très bobo-bio… Mais je n’en dis pas plus car certains cadeaux de Noël vont sortir directement d’ici…

Un Happy-Hour au Strand : Pour celles et ceux qui l’ignorent, cet hôtel, ouvert au début du XXème siècle et un haut lieu du raffinement et du luxe et possède une histoire chargée et pittoresque. On l’imagine très bien place Vendôme, au fond d’une cour, avec ses colonnes et son large hall chaleureux. Bref, chaque vendredi ils proposent un Happy Hour sur une sélection de cocktail (3,5$ au lieu de 7$), dé-li-ci-eux, le tout dans une atmosphère bien loin des bruits incessants de la ville. Une pause absolument bienvenue.

Un dîner au « House of Memories » : on croirait tomber sur une maison d’inspiration « normande » en plein milieu de Yangon. Pourquoi ce nom ? Cette charmante demeure a abrité le premier bureau du général Aung San et est imprégnée des murmures entre Birmans et Indiens lorsque ceux-ci préparaient leur lutte pour leur indépendance face aux Anglais. La nourriture y est correcte, le service agréable, une alternative aux adorables bouis-bouis bruyants.

Déhanchage au VIP : je vous ai déjà parlé de ce club situé loin du centre-ville. Il s’avère que samedi y était célébré la fameuse soirée mensuelle LGTB de Yangon “Fab Night” sous le thème d’Halloween. Toujours les fidèles « comptables » derrière le comptoir, le nez dans leurs papiers, une clientèle bien plus mixte que lors de ma première visite. Soirée lambda malgré mon déguisement de fée (ou alors l’humeur n’y était pas).

DSC05707Promenade sur la « Yangon Circle Line » : Avec une comparse du cours de langue nous avons décidé de tenter l’aventure de ce train utilisé quotidiennement par les Birmans, leur « RER » à eux, à croire que le trajet pour Bago ne m’avait pas suffi. Nous allons donc quai n°7 acheter nos tickets. Fière de mes 6 mots de vocabulaire je demande nos billets, le contrôleur discute à moitié en Anglais à moitié en Birman, nous rigolons puis il nous fait signe d’embarquer. 3 heures de trajets pour parcourir Yangon dans sa périphérie. Ce qui est assez curieux c’est qu’en parcourant la ville en taxi ou à pied je n’ai jamais croisé ni même entendu de trains. Il s’agit vraiment d’une face cachée de la cité. Un peu long je l’avoue, moins enthousiasmant que ma première expérience aussi. C’était cependant sympathique de s’incruster dans le quotidien des Birmans.

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Apéro au Sky bistro : situé tout en haut de la plus haute (me semble-t-il) tour de Yangon (20 étages…) ce bar/resto a l’avantage de proposer une très belle vue sur la ville mais niveau apéro : moyen moyen.

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Et en avant pour une nouvelle semaine… cette fois-ci, petit tour à Pyapon jeudi.