Birmaniversaire +1

A la base je pensais avoir clôturé ce blog une fois le pied posé sur le tarmac parisien… Et puis j’ai songé qu’un birmaniversaire +1 pourrait apporter la touche finale, car le retour fait aussi parti du voyage.

Ça fait quoi de rentrer chez soi ?

Ça fait plaisir sur le coup, puis ça fait bizarre. Revoir sa famille, revoir ses amis, la routine est la même mais chacun avance petit à petit. Des amis vont se marier, d’autres déménagent, d’autres changent de poste… Et en même temps je n’ai pas trouvé le mot pour qualifier l’état ou plutôt la sensation/perception de se sentir comme téléportée à un autre instant, comme si les 9 mois passés n’avaient été qu’une chimère, un mélange entre le décalage d’une expérience personnelle qui n’a été partagé que de façon sporadique et le train-train de Paris.

birma 1

Par contre j’ai réalisé le bienfait absolu du blog qui m’a permis de témoigner quand je le voulais des situations et découvertes au moment même où elles se déroulaient sous mes yeux. Cela atténue très certainement ce sentiment de dissonance… mais quand même… il est là.

« Ah ouais en Birmanie… » patati patata…

Vivre birman au quotidien à Paris ça donne quoi ?

  • Ça donne que je suis perdue après 18h30 car il ne fait pas nuit noire.
  • Je mélange encore plus clavier qwerty et azerty
  • Dès qu’il y a des miettes sur mon bureau je psychotte que les fourmis vont débarquer dans la seconde
  • Je me brosse les dents et pense à la bouteille d’eau potable pour me rincer les dents
  • Je lave mes légumes et pense encore à la bouteille d’eau potable pour rincer les légumes
  • Je vois une voiture reculée et je me dis « so so so so so » dans la tête
  • Je finis un truc et je me dis « pi bi »

Etc. Etc.

Et pour le coup il n’y a vraiment personne avec qui partager ça ici… et ça se révèle frustrant.  Ce qui à l’aube de notre fête nationale a amené une certaine forme de mélancolie. Les premières semaines étaient pourtant simples.

Revenir à Paris m’a aussi forcé à me reposer certaines questions (et certainement pas à me reposer tout court). Il y a ces personnes que j’ai envie de voir et d’autres avec lesquelles je me sens finalement encore à 13 257 km et à qui je n’ai en fait plus rien à dire. Il y a ces fantômes qui rodent dans certains lieux. Même quotidien qu’avant la Birmanie, même piscine, même appart, même pique-nique, différent job, mêmes collègues. Suis-je vraiment partie ?

Au moment de me coucher de nouveau pour la première fois dans mon petit nid « bastillois » je n’avais pas envie de rester dans cet appart. C’était chez moi. Et même après quelques semaines, ce n’est pas comme avant. Comme dit un de mes ami : « mine de rien tu viens de passer un des meilleurs moments de ta vie alors forcément… »

Alors forcément…

Résultat : migraines, fatigue…

Être loin nous protège d’une certaine façon, l’isolement filtre les rapports. Et pourtant j’essaie de garder cette énergie birmane, ce moteur pour tout affronter mais être seule à Paris n’est en fait pas du tout pareil. Qu’on le veuille ou non, il y a un poids social tellement lourd vis-à-vis des personnes seules, comme si être seul cachait forcément quelque chose. Alors j’essaie de me projeter malgré tout avec un prochain blog, j’attends toujours ce retour pour mon livre, je compte toujours quand même repeindre ma cuisine, j’envisage un nouveau projet de livre en duo avec mon père cette fois… D’une stimulation exogène au Myanmar je dois la rendre endogène, la créer moi-même pour ne pas fanée dans la grisaille des immeubles haussmannien. Et petit à petit je me laisserai rattraper par la routine, porter par la rumeur de la ville dans cette jungle urbaine… moins verte qu’à Rangoon, je prendrai le pli de ces mines fermées dans le métro et oublierai éventuellement les larges sourires des Birmans…

Non ça, ça ne s’oublie pas.

Et comme la vie aime parfois nous accompagner, voilà une émission de France Inter du 5 juillet “Partir ou rester” avec de beaux témoignages d’expatriations.

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Entre Paris et le Lac Inle, il n’y a qu’une pomme…

Je m’étonne toujours du phénomène par lequel lorsque l’on s’intéresse à quelque chose, d’un coup, on le voit partout.

Un exemple assez simple est le nombre de reportages sur la Birmanie que mon père a pu regarder depuis que j’ai candidaté au poste (soit un an quasiment). Alors il y a je pense aussi une forme d’engouement touristique qui se développe pour le Myanmar avec une vision à la fois «baroudeur – sac a dos» et «snob – hôtel de luxe». Rappelons que Beyoncé a passé le Nouvel An à Bagan…

Bref tout ça pour dire que voir la dernière pub Apple pour l’iPhone je-sais-pu-combien me fait agréablement sourire dans la lignée “Le Myanmar est partout”. Le ballet de nos pêcheurs du Lac Inle se retrouve mis en scène devant l’Opéra de Paris…

lac inle

Et pour mon souvenir du spectacle, il s’agit d’une chorégraphie en solo:

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(Et sinon, en parlant de pomme, faut vraiment être une patate pour acheter l’iWatch…)